Souss-Massa-Draa

Une région riche en histoire

La région est composée de deux vallées, celle du Souss Massa et celle du Drâa.

La vallée du Souss Massa

L’histoire de la partie Ouest de la région est basée essentiellement sur celle d’Agadir, qui signifie en tachelhite, dialecte local : grenier ou fortin. Ce nom lui fut donné par des pêcheurs berbères qui aménagèrent une grotte en grenier. Dès le début du 15e siècle, Agadir attira l’attention des Européens, surtout les Portugais, qui longeaient les côtes à la recherche de l’Inde. En 1476, le Portugais Juan de Siguiera construisit une salinière pour poissons au Nord de l’actuel port. Il vendit ensuite ses installations au Roi du Portugal, Don Emmanuel, qui les fortifia et les utilisa pour le commerce et la pêche. En 1517, Al Kaïm Li Amri Allah Essaâddi, ayant pris le pouvoir, créa Agadir-Ighir, signifiant la Kasbah. Taroudant, grâce à sa position géographique, fut prédestinée pour jouer le rôle de grand carrefour historique à l’échelle macrorégionale.

Son nom viendrait de «tar-dant» signifiant pérennité en berbère. C’est l’une des plus anciennes villes du Maroc. Convoitée tour à tour par les Almoravides, les Almohades et les Mérinides, les Saâdiens l’adoptèrent comme première capitale au 16e siècle, y faisant un haut lieu industriel et commercial avec le Soudan. Ils furent ensuite supplantés par la Dynastie Alaouite. Plus tard, la région, ayant pris une grande place à l’échelle nationale et internationale, fut un objet d’ambition entre Français et Allemands. Moulay El Hassan fonda Tiznit en 1882 dans un but militaire, d’où ses magnifiques remparts. En 1913, Agadir fut occupée par les Français qui y construisirent des unités portuaires et aéronavales. En 1930, elle fut érigée en municipalité.

Après la seconde guerre mondiale, cadres et investisseurs européens affluèrent dans la région. Le 29 février 1960, un séisme détruisit une partie d’Agadir. Le lendemain, feu Sa Majesté Mohammed V décida sa reconstruction...

La vallée du Drâa

À Foum Chena et à Tazarine, des gravures rupestres vieilles de dix mille ans témoignent de l’histoire de la région. Dès le 5e siècle, la vallée du Drâa fût occupée par une tribu d’Ethiopie de l’Est, les Kouchites, dont l’activité de base était l’agriculture.

Des populations juives arrivèrent de l’Est et s’installèrent à Tidri. Alors qu’ils avançaient vers le Nord, ils se heurtèrent aux Kouchites et luttèrent jusqu’au 8e siècle. Les musulmans vinrent, par petits groupes pacifiques de Tafilelte. À l’arrivée des Almoravides, débuta l’islamisation massive de la population. Ensuite, la Dynastie Mérinide dirigea le pays. Au 14e siècle, les Chorfas Saadiens, venus du Moyen-Orient s’installèrent. Au 16e siècle, ils partirent à la conquête du Souss et du Nord du Maroc, puis du Soudan Occidental par la célèbre Route de Tombouctou. Cette grande expédition assura la prospérité commerciale du Maroc. Sous le règne de la Dynastie Alaouite, un intérêt particulier fut porté à la région, depuis sa libération par le Sultan Moulay Mohamed Ben Cherif au 17e siècle. Cherif Ben Ismail, fils de Moulay Ismail, installa à Aghlan de Beni Zoli le siège de son autorité et diffusa le savoir, grâce à la Zaouia Naciria , aux alentours de Zagora. Ouarzazate, quant à elle, fût créée par les Français en 1928.

Chiffre clés

Le Souss Massa Drâa aujourd’hui c’est...

l’Océan Atlantique pour limite à l’ouest le désert et l’Algérie pour limites orientales au nord, le Souss Massa Drâa est bordé par les massifs du Haut-Atlas Occidental et du Haut-Atlas Oriental (formant respectivement la vallée du Souss-Massa et celle du Dadès-Drâa). La région limitrophe est celle de Marrakech Tensift - Al Haouz et au sud c’est celle de Guelmin - Smara, avec l’Anti-Atlas comme frontière naturelle

Au centre du royaume, la région est un lieu de passage et joue par conséquent un rôle stratégique sur les plans économiques et socioculturels.

3,2 millions d’habitants soit 10 % de la population nationale

72 506 km2 soit 10 % du territoire national

39,8 % ont moins de 15 ans, 52,8 % ont entre 15 et 59 ans, seulement 7,4 % ont plus de 60 ans

40 % de la population est urbaine

Une population jeune, pleine de dynamisme et d’enthousiasme, ce qui favorise le développement et l’innovation.

2 préfectures (Agadir - Ida Ouatanane et Inezgane - Aït-Melloul)

5 provinces (Chtouka - Aït Baha, Taroudant, Tiznit, Ouarzazate et Zagora)

24 communes urbaines et 212 communes rurales

2 aéroports internationaux

8 000 km de routes revêtues

5 ports

8 barrages assurant une bonne irrigation dans toute la région

Des infrastructures en pleine modernisation, avec l’essor les technologies de l’information et de la communication.

  • 34 milliards de dirhams de produit intérieur brut
  • 21 % provient du tourisme
  • 13 % de l’agriculture
  • 6 % de l’industrie
  • 6 % de la pêche
  • 0,9 million de population active
  • Seulement 9,1 % de taux de chômage contre 11,6 % au niveau national
  • 19 hôpitaux généraux et locaux publics avec près de 600 médecins, plus les 1 120 médecins privés, généralistes et spécialistes
  • 1 120 établissements scolaires publics et privés du primaire au lycée
  • 25 800 enseignants pour 634 760 élèves
  • Des centaines de “moussems”
  • 1 festival international, “Timitar, signes et culture, festival de musique d’Agadir” où les artistes amazighs accueillent les musiques du monde
  • 1 Musée du patrimoine amazigh d’Agadir
  • 7 autres en projet à Tafraout, Ouarzazate, etc.

Potentialités

Arganier

Fortement emblématique de la région car il ne pousse pratiquement que là (730 000 ha sur les 830 000 ha marocains, plus quelques colonies dans le sud ouest de l’Algérie).

Tout est utile dans “l’arbre à tout faire”. Son tronc tortueux donne un bois dur servant aux charpentes et outils. L’huile extraite de ses amandes possède des vertus pharmaceutiques, cosmétiques et alimentaires (50 % d’huile comestible, riche en acides gras insaturés et vitamine E pour lutter contre l’artériosclérose, vertus hydratantes et régénérantes pour la peau). Enfin les feuilles comme la pulpe et les tourteaux (résidus d’extraction d’huile) nourrissent les animaux. Sans oublier son rôle écologique de maintient des sols et rempart contre la désertification.

Safran

Le crocus sativus est un bulbe qui se met en terre début septembre, et passe la saison estivale en dormance, ce qui est parfaitement adapté aux sols de faible pluviométrie. Il est cueilli à partir de fin octobre et jusque mi novembre. La fleur, violette, pousse hors du sol pendant la nuit et doit être cueillie quotidiennement, avant le lever du soleil. L’émondage et le séchage des stigmates suivent rapidement, permettant de conserver correctement l’or rouge. Il faut environ 200 fleurs pour obtenir 1g de safran sec ! La présence du safran au Maghreb remonte au IXe siècle. Dans la région, il est cultivé à Taliouine (province de Taroudant), dans les environs de Tazenakht et dans la province de Zagora.

Ibis Chauve

Cet oiseau migrateur a disparu d’Europe au XVIIe siècle. Echassier noir irisé avec une tête rouge et chauve, il possède aussi de longues plumes ébouriffées derrière la tête. Il niche sur les corniches rocheuses du nord du Sahara et se nourrit d’insectes, de scorpions et de petits reptiles. Les quelques colonies sauvages vivent dans le parc national du Souss Massa, leur dernier sanctuaire, et à Tamri, à 60 km au nord d’Agadir. Menacé d’extinction depuis la fin des années 70, l’ibis chauve est classé “espèce en danger critique d’extinction”, sa population est estimée aujourd’hui à 300 individus sauvages.

Fibule

Du latin fibula (agrafe), Jusqu’à l’époque mérovingienne, la fibule était l’équivalent (dans son principe) des épingles de sûreté.

Accessoire quotidien, elle servait de broche ou d’agrafe pour attacher les vêtements. De tous les bijoux berbères, la fibule est celui qui offre le plus de diversité. Elle se compose d’une plaque de métal terminée par une épingle à la base de laquelle se trouve un anneau brisé servant à fixer ensemble deux pièces d’étoffe.

Trilobée, ronde, triangulaire, avec ou sans pierreries, gravée, ciselée, pleine ou ajourée... autant de fibules que de femmes !

Tapis

Parmi toutes les activités artisanales du Maroc, le tissage est certainement la plus ancienne tradition. Il existe deux catégories de tapis : le tapis rural, plus communément appelé tapis berbère (Azrou, Moyen et Haut Atlas, notamment la région d’Ait Ouaourguite - Ouarzazate) et le tapis moderne ou citadin. Les tapis du Haut Atlas ont une texture très fi ne (laine de mouton ou de chèvre) et se distinguent par leur solidité. En matière de lumière, les tisseuses du Haut Atlas sont attachées aux tonalités fortes (jaune, rouge, jaune or, orangé).

Le tissage est la principale activité du secteur Ouarzazate - Zagora. En plus des artisans organisés au sein de 4 coopératives, beaucoup d’artisans s’adonnent à cette activité dans leurs foyers. La production annuelle moyenne de tapis est estimée à 113 000 m².

Artisanat du cuir

Autre vielle tradition du Maghreb, cette activité consiste à rassembler les peaux (principalement moutons mais aussi chèvres et dromadaires), les amollir avec de la chaux et de la fiente de pigeon, les laver méticuleusement puis les teindre, les faire sécher sur les terrasses et enfin les adoucir. Tel est le travail du tanneur, le savoir faire de l’artisan fera le reste. Vestes, sacs, pan de décors pour un meuble, babouches (pour faire une bonne paire de babouches, il faut six heures de travail ce qui ne permet de faire que deux paires par jour)... Un travail minutieux que les marocains comme les touristes savent apprécier.

Source : http://www.regionsmd.com


Haut de la page