Date: 10-11-2006 Mondialisation, Communication et Démocratie 16 h00 Par Dominique Wolton Faculté des Lettres et des Sciences Humaines La mondialisation réduit les distances physiques, mais révèle les distances culturelles. La performance des systèmes de communication ne réduit pas l’incommunication entre les peuples et les cultures, elle la rend plus visible. Les conflits liés au triangle infernal : identité, culture, communication, vont donc prendre de plus en plus d’importance. Gérer la diversité culturelle et organiser la cohabitation culturelle deviennent un des enjeux politiques majeurs. C’est la troisième mondialisation, culturelle, après les mondialisations politique et économique. Enjeu de la diversité culturelle reconnue solennellement à l’UNESCO le 20 octobre 2005. Pas de mondialisation sans une théorie de la communication interculturelle. Les conditions de la démocratie en sont donc bouleversées. Dans les sociétés ouvertes, largement médiatisées, tout le monde voit tout et sait tout, ce qui oblige à plus de justice et à un autre rapport entre élites et peuple. D’autant que celui ci exerce aujourd’hui un sens critique plus fort notamment du fait de l’éducation et des médias. Le caractère multiculturel oblige aussi à plus de tolérance. Enfin la mondialisation nécessite plus de coopération avec les pays voisins et les aires régionales. Bref la communication, au sens du respect de l’autre, et l’apprentissage de la cohabitation est au coeur de la mondialisation et de la démocratie. Dominique Wolton est Directeur de Recherche au CNRS et également Directeur au Laboratoire «Information, communication et enjeux scientifiques ». Il a fondé la Revue internationale Hermès. Il a notamment publié Mondes francophones. Auteurs et livres de la langue française (ADPF, 2006), l’Autre mondialisation (Flammarion, 2003), et Télévisions et civilisations (Labor, 2004).

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