4 billions € aux flics

Pour la première fois de son histoire, le Maroc va affecter près du quart du budget de l'Etat à la sécurité. Soit la somme de quatre milliards d'euros. La montée du crime sous toutes ses formes ainsi que la contestation violente dans un contexte de sécheresse et de flambée des cours mondiaux de pétrole et des produits alimentaires de base imposent une telle politique.


En effet selon le projet de loi de finances de 2008, bouclé dare-dare par le ministre socialiste de l'Economie Fathallah Oualalou avant de quitter le ministère le 12 octobre dernier, l'Etat affectera 45 milliards de dirhams (4 milliards d'euros) à la sécurité, soit une progression de 29% par rapport à 2007.

La sécurité qui devient ainsi le secteur qui augmente le plus après celui des infrastructures sera donc dotée du plus fort budget après les secteurs sociaux (éducation, santé, emploi), qui accaparent près de la moitié des dotations de l'Etat et ayant été depuis le premier programme d'ajustement structurel, imposé à Rabat par les Institutions de Brettons Woods au lendemain des émeutes du pain de juin 1981, les chouchous de ces Institutions.

Mais maintenant que M. Oualalou, l'un des meilleurs élèves de la Banque Mondiale, est parti, l'occasion de rattraper le retard accumulé en matière de modernisation de la police et du renforcement de ses effectifs, se présente sous un nouveau jour. D'autant que le secteur sécuritaire du royaume a besoin d'un grand coup de pouce tellement le crime sous toutes ses formes a gagné énormément de terrain depuis cette dernière décennie.

Rappelons qu'au niveau maghrébin, le Maroc est hors Maurétanie le pays pour le ratio policier/habitant est le plus : On compte 1 policier pour 750 habitants au Maroc contre 1 policier pour 302 habitants en Algérie et 1 policier pour 73 habitants en Tunisie qui le pays le plus fliqué.

Mais ses chiffres deviennent relatifs quand on sait qu'au Maroc il y a quelques 45.000 agents des Forces auxiliaires* (contre près de 40.000 policiers), un corps paramilitaire relevant administrativement du ministère de l'Intérieur et commandé par Le général de division Hamidou Laanigri.

Enfin, cette manne de 4 billions d'euros n'ira pas totalement au payement des soldes des agents ni au renforcement des effectifs et des infrastructures encore moins à payer les heures supplémentaires : une bonne partie servira a l'acquisition de voitures de patrouille munies d'ordinateurs capables de lire la future carte nationale d'identité biométrique dont le premier exemplaire devra être livré début 2008 ainsi qu'à l'achat de divers matériels roulants et d'outils anti-subversion.

* Les Forces auxiliaires ne dépendent pas de la DGSN mais de leur propre commandement.



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