8 langues sont en danger au Maroc selon l'UNESCO

Près de 6000 langues sont parlées dans le monde et parmi elles, 2500 sont menacées de disparition. C'est ce qu'a révélé un groupe de linguistes de l'UNESCO à travers un Atlas interactif qui recense les langues en péril dans le monde. Si on se penche plus en profondeur dans cet atlas, on pourra voir qu'au Maroc, il y a également des langues en danger. L'Atlas parle de 8 langues mais parmi ces langues, ce qui effraie le plus c'est que trois ont totalement disparu. Il s'agit du Judéo Berbère, du Tamazight de Aït Rouadi, et du Senhaja de Srair.

8 langues sont en danger au Maroc selon l'UNESCO

L'idiome du Judéo Berbère qui est appelé aussi le Tamazight des juifs marocains était parlé dans les régions rurales du Haut et du Moyen Atlas notamment dans la région de Ouarzazate, Boulemane Dadès, dans la vallée du Draa entre Tiznit et Tafraout. L'Atlas rappelle qu'il y a aujourd'hui entre 5000 et 10000 juifs marocains qui habitent au Maroc et cette communauté est localisée surtout dans les pôles urbains.

Ensuite, la seconde langue qui est totalement éteinte est le Tamazight de Aït Rouadi. Elle est appelée également le Tamazight de Tunisie. Près de 1600 personnes parlaient cette langue dans la région de Tadla Azilal à une trentaine de kilomètres de Béni Mellal.

Enfin la dernière langue disparue est le Senhaja de Srair dans le nord du royaume dans la région de Tarifit. L'Unesco ne donne pas le nombre précis de personnes qui parlaient cette langue.

Au sujet des quatre autres langues qui restent, une est considérée comme vulnérable. Il s'agit du Figuig. Comme son nom l'indique, il s'agit de la langue parlée dans la région de Figuig dans l'est du pays à la frontière algérienne. Selon les chiffres officiels, près de 30.000 personnes parlent aujourd'hui cette langue.

Une autre langue est considérée comme étant en danger, c'est le Tamazight de Béni Iznassen qui est parlé dans le nord-est du Maroc dans les régions de Berkane et du Rif, un idiome qui est parlé par 25.000 marocains.

Le Zénaga du Sahara est une langue qui est considérée comme en situation critique. Elle est très répandue surtout dans la frontière avec la Mauritanie et est parlée par 1000 personnes.

Enfin, la dernière langue qui est dite sérieusement en danger, cest le Judéo-arabe marocain qui est parlé dans la région de Fès surtout. 5000 personnes la connaissent selon les chiffres officiels marocains.

Dans le reste du monde, il faut savoir que les pays où il y a de plus de langues en péril sont l'Inde avec 196 idiomes, les Etats-Unis avec 192, l'Indonésie 147, la Chine 144, le Mexique 144 également et enfin la Russie avec 136.

Alors pourquoi et comment les langues disparaissent-elles ?

D'après un article du Monde sur l'Atlas des langues en péril, certains linguistes expliquent de manière unanimes que les langues régionales d'un pays tendent à s'imposer et écraser les autres petites langues. L'article cite l'exemple de l'Afrique de l'Est où l'on parle le swahili, une langue qui est enseignée massivement dans les écoles et qui permet à la population de décrocher un emploi, bien plus facilement que si cette même population parlait l'une des quarante langues qui existent dans cette région du monde.

Pour sauver une langue, l'article rappelle qu'il faut une prise de conscience politique. En Amérique latine et du Sud notamment, certains pays reconnaissent et encouragent le bilinguisme dans leur loi et Constitution. Au Mexique par exemple, une loi en 2003 a autorisé aux peuples indigènes le droit à un enseignement bilingue. Par conséquent, des enseignant ont été formé pour enseigner ces langues.

Un exemple que devrait sans aucun doute suivre le Maroc pour protéger ces 5 petites langues qui constituent une véritable richesse historique et culturelle.


Plus d'infos sur www.unesco.org



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