Abdelhadi Eddahbi et ses co-évadés de la prison de Kénitra tenteraient de rejoindre le GSPC algérien

Les services de sécurité mènent une course effrenée contre la montre pour arrêter Abdelhadi Eddehbi, le «stratège» de l’évasion spectaculaire de la prison de Kénitra, qui aurait orchestré cette opération en vue de règlement de comptes inavoués.

Le document laissé par les neuf terroristes qui se sont évadés, lundi 7 avril, n’est pas à prendre au pied de la lettre. « Nous neferons de mal à personne ». Cette formule, qui a troublé plus d’un, cache des objectifs non déclarés du «stratège» de l’opération d’évasion spectaculaire qui a eu lieu en début de semaine à la prison de Kénitra. Il s’agit d’Abdelhadi Eddehbi, celui qui a perpétré, sauvagement en 2002, un meurtre contre un policier dans le quartier de Sidi Maârouf, à Casablanca, et qui a été condamné à mort en avril 2003 pour ce même crime. C’est ce terroriste, un costaud, à la forme écharpée, que les services de sécurité recherchent le plus activement depuis lundi dernier pour l'empêcher d'exécuter ses plans macabres et de fuir pour rejoindre l'organisation Al Qaïda au Maghreb islamique, implantée en Algérie. Selon des sources bien informées, l’opération de fuite que Abdelhadi Eddehbi, 50 ans, aurait froidement orchestrée, et exécutée avec un brio hors-pair, cacherait un autre but que la simple recherche de « liberté », puisque les évadés savent, - peut-être mieux que quiconque -, que leur « fugue » ne serait que de courte durée. L’alerte a d’ailleurs été levée à son plus haut niveau pour retrouver, en temps réel, les neuf terroristes évadés, notamment la tête pensante d’une fuite de prison comme jamais le pays n’en a connu. Abdelhadi Eddehbi qui, d’après des sources proches de sa famille, aurait atteint le comble du désespoir ces derniers jours, - du moins jusqu’à mercredi 2 avril, jour auquel ses proches parents lui ont rendu une dernière visite -, aurait été guidé par une volonté de règlement de comptes. D’après une source proche de sa belle-famille, Abdelhadi Eddehbi serait animé d’un désir de vengeance contre sa femme qui l’aurait « désavoué après sa condamnation, en avril 2003, à la peine capitale ». Le terroriste, père de deux enfants (un garçon, 11 ans, et une fille, 8 ans), n’aurait jamais pardonné à son épouse de l’avoir laissé tomber, après le prononcé à son encontre de l’un des plus lourds verdicts rendus jusqu’ici dans l’affaire des attentats terroristes du 16 mai. «On a perdu la trace de l’épouse d’Abdelhadi Eddehbi, depuis l’annonce de l’opération d’évasion lundi dernier», s’inquiète une source proche du dossier, avant d’ajouter que la femme en question se serait «dérobée aux regards pour ne pas tomber aux filets de son époux». Ce désir de vengeance non déclaré contraste, à l’évidence, avec le « message soft » de la lettre, considérée par des spécialistes comme une tentative de détourner l’attention sur un projet de « revanche » inavoué. Cette lettre fait d’ailleurs porter, vaguement, la responsabilité de l’acte d’évasion à «ceux qui nous ont condamnés», ses auteurs ayant par ailleurs appelé les autorités à « ne pas chercher de complicité parmi les détenus ou l’administration pénitentiaire».
Parmi les neuf évadés, - outre Abdelhadi Eddehbi -, figurent Hicham Al Alami, condamné à la prison à vie le 19 août 2003 pour son implication dans les attentats terroristes de Casablanca ; Kamal et Mohamed Chatibi, deux frères âgés respectivement de 25 et 35 ans, condamnés à 20 ans de prison ferme. Les autres évadés sont Abdellah Boughmir, Mohamed Mouhim (condamné à perpétuité), Tarik El Yahyaoui, Hammou El Hassani et Mohamed El Chadli.

Renforcement du contrôle au long des frontières maroco-algériennes

Des sources informées indiquent que les évadés de Kénitra auraient pour plan de rejoindre les camps d'"Al Qaïda dans le Maghreb islamique" en Algérie. Ce qui a poussé les services de sécurité marocains et algériens à renforcer le contrôle tout au long des frontières entre les deux pays.
Par ailleurs, l’administration pénitentiaire a accru mardi les mesures de sécurité dans les prisons, au lendemain de l’évasion spectaculaire de neuf terroristes du pénitencier de Kénitra, a indiqué l'association Annassir. «La durée de promenade des prisonniers a été réduite, la fouille des visiteurs a été renforcée et l’heure de fermeture des cellules a été avancée», a déclaré son président, Abderrahim Mouhtade.

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