Ciments du Maroc : En finir avec la saturation des capacités

L'usine d'Aït Baha entrera bientôt en activité et une autre à Marrakech est à l'étude Après une année globalement peu favorable et un début 2009 difficile, Ciments du Maroc compte sur le reste de l'année en cours pour redresser la situation.

Ciments du Maroc : En finir avec la saturation des capacités

En fait, les résultats du groupe au cours de 2008 n'ont pas été brillants, avec certains indicateurs qui ont viré au rouge. De même, le cimentier a dû faire les frais de quelques aléas au cours du premier trimestre de 2009, selon son top management qui a présenté avant-hier les résultats annuels au titre de 2008 et les perspectives pour cette année. Il s'agit notamment des inondations et de la grève des transporteurs qui ont paralysé le pays durant une dizaine de jours.
En fait, ce débrayage a coûté, à lui seul, au cimentier un manque à gagner de près de 10 millions de DH qui «sont partis en fumée», selon Mohamed Chaibi, PDG de Ciments du Maroc, équivalent de 25.000 tonnes qui n'ont pas été produites notamment à Agadir. Pour 2008, le groupe a pâti notamment de la flambée des prix du coke de pétrole sur le marché international et de la saturation momentanée des capacités de production se traduisant par la mise en œuvre d'achats de clinker importants. Ce dernier problème ne devra pas durer, puisque la nouvelle cimenterie du groupe à Aït Baha (50 km au sud-est d'Agadir) ne tardera pas à entrer en activité.

Selon M. Chaibi, la mise en service du premier broyeur à ciment est prévu pour septembre ou octobre 2009 et celle du four et du second broyeur à ciment est pour début 2010. En tout cas, pour l'année écoulée, les résultats Ciments du Maroc font ressortir une évolution du chiffre d'affaires de 34,3%,
un recul de l'excédent brut d'exploitation (-8,3%) et du résultat d'exploitation (-12,8%). Ces deux indicateurs ont été impactés négativement par les achats de clinker et par le surenchérissement des coûts des combustibles solides, explique-t-on. Toutefois, le résultat net a progressé de 42,5%. Les résultats de l'année dernière ont été marqués par un produit financier net de 119 MDH, intégrant principalement les dividendes distribués par Indusaha et par Suez Cement Company, par la reprise de provisions pour investissement de 231 MDH (contre une dotation nette de 69 MDH en 2007) et par une dotation aux provisions pour litige fiscal par mesure de prudence.

S'agissant des comptes consolidés du groupe, le chiffre d'affaires a évolué de 13,5%, l'EBE a régressé de 7,1%, le résultat d'exploitation a baissé de 15,2% et le résultat net s'est décru de 10,7%. Ces résultats sont dus à une évolution en retrait des ventes de Ciments du Maroc (y compris Indusaha) par rapport à celle enregistrée par le marché national résultant de la saturation momentanée des capacités de production. En fait, le cimentier a écoulé sur le marché 3,7 millions de tonnes, en progression de 7,1% (contre une moyenne nationale de 9,9% pour un volume global de 14,1 millions de T). De même, l'activité des matériaux a été marquée par une saturation des capacités de production limitant la progression des ventes de Betomar en béton prêt à l'emploi à environ 4% et faisant stagner ses ventes en granulats.

Pour l'activité des adjuvants, on note une augmentation de près de 15% des ventes d'Axim Maroc, spécialisée dans la production et la commercialisation des adjuvants et l'augmentation de près de 19% de la part des ventes hors groupe.
De même, la société poursuit la construction d'une usine de fabrication d'adjuvants sur le site de Betomar à Aïn Sebâa (mise en service au cours du premier semestre 2009) et continue la diversification des gammes de produits.
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Production annuelle de 1,6 M/t
L'entrée en activité de la nouvelle usine d'Aït Baha sera le fait marquant de l'année en cours pour Ciments du Maroc. En fait, celle-ci contribuera substantiellement à la résolution du problème de la saturation de la capacité dont souffre actuellement le cimentier. Cette usine disposera d'une capacité annuelle de 1,6 million de tonnes de clinker et de 2,2 millions de tonnes de ciment, comprenant des équipements «performants». Il s'agit d'une ligne de cuisson à voie sèche de 5000 T/j de capacité de production de clinker avec un procédé à faible émission de NOx, d'un atelier de broyage ciment comprenant deux broyeurs verticaux ayant une capacité unitaire de 170 T/h, d'un système de récupération d'énergie pour la production d'électricité et d'un système de dépoussiérage avec des filtres à manches «de haute performance».

Selon le management du groupe, la construction de la nouvelle cimenterie se poursuit dans le respect des délais et du budget. Elle sera mise en service graduellement entre septembre prochain et mars 2010. Il est à noter que le groupe a signé un contrat de crédit à moyen terme de 2 MMDH avec un consortium composé de cinq banques marocaines l'année dernière, le budget total du projet s'élèvent à 3,4 MMDH. Par ailleurs, le groupe est à la recherche d'un site pour une nouvelle usine de remplacement à Marrakech, surtout que celle d'Anza (Agadir) devra fermer à terme. S'agissant des nouveaux projets lancés par certains opérateurs dans le secteur cimentier, le PDG de Ciments du Maroc estime qu'ils subiront l'impact de l'actuelle crise. «La crise a assagi les outsiders», estime-t-il, en faisant savoir qu'à peine un seul d'entre eux est arrivé à boucler son financement.



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