Des verdicts allant de l’acquittement à trois mois de prison à l’encontre des émeutiers de Sefrou


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La Chambre criminelle près la cour d’appel de Fès a décidé, dans la nuit de mardi à mercredi après des délibérations marathon, de prononcer des verdicts à l’encontre des personnes poursuivies dans le cadre des événements de la ville de Sefrou, allant de l’acquittement à trois mois de prison ferme, assortis d’une amende de 500 dh. Parmi les personnes relaxées figurent trois activistes de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et 10 mineurs. La plupart des accusés seront libérés du fait qu’ils ont déjà purgé leur peine de trois mois.
Prié de commenter ce procès, Me. Abdelwahed Hmimou, avocat de défense et activiste de l’AMDH, a souligné qu’il s’agit d’une “mascarade” et d’un jugement “inquiétant et inadmissible”.
Ce « procès téléguidé vient apaiser les esprits suite aux augmentations successives des prix de certains produits de première nécessité », a-t-il ajouté, faisant savoir que la section locale de Sefrou de l’AMDH envisage d’intenter un procès aux « véritables responsables de ces événements ».
“Ce jugement n’a pas rendu justice à la population de Sefrou”, a-t-il déploré, soulignant que les personnes arrêtées ont servi de “boucs-emissaires”.
Lors de cette audience, la Cour a procédé à l’audition des témoins et des plaidoiries de la défense des 47 personnes poursuivies dans le cadre de cette affaire, dont 42 en état de liberté provisoire. La défense, représentée par des avocats venus de Casablanca, Rabat, Taza, Khémisset, Fès, Meknès, Tanger, Safi, Tétouan, Agadir et Béni Mellal a, quant à elle, demandé le report de ce procès pour permettre la convocation du gouverneur et des responsables sécuritaires de la ville.
Ces accusés dont 10 mineurs avaient été arrêtés lors de ces incidents survenus suite à une marche non autorisée, organisée à l’appel de l’AMDH, pour protester contre les hausses des prix de certains produits de première nécessité.
Ces personnes étaient poursuivies pour notamment attroupement armé, destruction de biens publics et outrage à fonctionnaires.
Selon une déclaration du gouverneur de la province de Sefrou suite à ces événements, cette marche, qui « n’a fait l’objet d’aucune déclaration préalable et qui n’a pas été autorisée par les autorités locales compétentes », a dégénéré, provoquant des dégâts à nombre d’établissements scolaires, administratifs et commerciaux, ainsi que des incidences de plusieurs biens privés.
Pour l’Organisation marocaine des droits de l’Homme, ces incidents et dégâts humains et matériels qui en ont découlé et estimés à 2,5 millions de dh, pouvaient être évités si toutes les dispositions avaient été prises au moment opportun.
« Les évènements de Sefrou étaient loin d’être une surprise pour les autorités de la ville dans la mesure où celle-ci a vécu, tout au long de la semaine, une escalade de protestations et de manifestations», selon l’OMDH.
Le pire donc était arrivé en raison, d’un côté, des dépassements des protestataires et de certains délinquants récidivistes et d’un autre, des «carences flagrantes constatées au niveau des mannes sécuritaires ».
D’après l’OMDH, les 50 agents de sécurité déployés n’étaient pas à même d’encadrer une manifestation dont le nombre a frôlé les 2500 participants. La manifestation pacifique, qui a dérapé à tous les niveaux, a fait 126 blessés dont trois grièvement.
La majorité des blessés relèvent des forces de l’ordre, puisque, selon le rapport, 59 des blessés faisaient partie des forces auxiliaires, 44 de la Sûreté nationale et 20 blessés parmi les manifestants. Concernant la gestion de la crise, l’Organisation considère que les autorités locales ont brillé par leur absence ou leur manque d’efficacité. «Les attributions et les fonctions du gouverneur de la province, en tant que représentant du gouvernement, ne sont pas exercées de la manière la plus appropriée, en vue de la sauvegarde de l’ordre public», indique le rapport.
De même, les élus, les organisations professionnelles, politiques et de la société civile n’ont pas été associés à la recherche de solutions aux problèmes posés. Cela s’est traduit par l’absence de dialogue avec les citoyens et dont différents acteurs locaux auraient joué un rôle déterminant.
A rappeler que devant la Cour d’appel de Fès, les familles des personnes arrêtées ont observé un sit-in, en dépit des pluies qui se sont abattues sur la ville, à l’appel du comité de soutien, composé d’une vingtaine d’organisations politiques, sociales et associatives, dont l’AMDH.


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