Du sexisme chez les avatars

Dans Second Life, mieux vaut ne pas ressembler à Brian Molko si on veut se faire rapidement des amis. Deux chercheurs viennent de montrer que dans les univers virtuels, les gens ont tendance à moins faire confiance aux avatars dont l’identité sexuelle est ambigüe.
Avatars sexués

Afin d’analyser l’influence de l’apparence dans les univers 3D interactifs, Kristine Nowak et Christian Rauh, du Human Computer Interaction Lab de l’Université du Connecticut (Etats-Unis) ont réalisé une expérience dont les résultats seront prochainement publiés dans la revue scientifique Computers in Human Interaction.

Ils ont créé plusieurs avatars 3D dont l’apparence allait du GI Joe en T-shirt à la collégienne à couette, en passant par des types plus androgynes et des avatars « non humanoïdes », mais marqués sexuellement.
Androgynophobie virtuelle

Chaque avatar a ensuite été affecté à l’un des étudiants participant à l’expérience. Chaque sujet était ensuite invité à chatter avec un autre étudiant via son avatar. Après une vingtaine de minutes, les sujets ont rempli un questionnaire où ils devaient évaluer à quel point leur interlocuteur(rice) leur avait paru crédible, fiable… ou pas.

L’analyse de ce questionnaire montre que, quel que soit la nature de la conversation, les étudiants représentés par des avatars androgynes sont systématiquement jugés moins fiables que ceux représentés par des avatars dont l’identité sexuelle est traditionnellement affirmée.
Confiance numérique

D’après les deux chercheurs, ces résultats confirment que dans les mondes à la Second Life, l’impression laissée par l’apparence physique d’un avatar conditionne le jugement que l’on porte sur la personne qui le contrôle, quels que soient ses actes et ses paroles. Ils soulignent aussi que quand on arrive pour la première fois dans un univers virtuel, tout et tout le monde est inconnu ; le pseudo ou l’apparence physique de l’avatar sont donc un moyen de réduire l’incertitude. Un avatar androgyne a par contre tendance à augmenter cette incertitude, ce qui incite le sujet à le juger moins fiable.

Moralité : dans un monde inconnu qui n’existe pas, mieux vaut savoir de quel bord sont les gens.

Kristine Nowak/Christian Rauh/HCI Lab ¦ Exemples d'avatars utilisés dans les expériences de Rauh et Nowak

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