Elections communales 2009 - Agadir : Interview de Said Dor

Agadir O'flla : Monsieur Saïd Dor, merci beaucoup de recevoir le magazine Agadir o’flla, le magazine interculturel de la recherche sur les beaux-arts, les belles lettres et l’histoire, et c’est cette partie historique qui nous a fait venir vous voir, parce que, en cette période électorale, vous êtes un des candidats à la course vers la Mairie de la Commune urbaine d’Agadir, alors, première question comment ça se passe? Saïd DOR: -Avant de parler de l’évolution des choses, je tiens à vous dire combien je suis ravi de vous recevoir et de vous dire mon amitié et mon admiration pour tout ce que vous faites. J’ai toujours dis que vous êtes un troubadour de l’art et de la culture amazighe et nous sommes vraiment fiers de ce travail qui vient quelque part combler un certain vide qui malheureusement existe encore dans ce domaine; et je crois que ce militantisme mérite d’être souligné, d’être soutenu dans la mesure où la région, notre pays, a besoin de gens comme vous qui s’adonnent avec cœur, avec abnégation pour justement consolider, donner à l’histoire de la culture un sens, loin d’un esprit de mercantilisme ou d’affairisme. Pour répondre à votre question sur les élections, c’est les préparatifs aux élections municipales, professionnelles, régionales.

Elections communales 2009 - Agadir : Interview de Said Dor

A.O: Un marathon électoral en somme...

Parce qu’il y a tout un calendrier, il y a les municipales, après il y aura les professionnelles suivies de celles des conseilles provinciaux et préfectoraux ainsi que le scrutin régional. L’élection du tiers sortant de la deuxième chambre clôturera ces consultations décisives pour l’avenir du pays..

A.O: De 1963 à 2003 peu de choses ont été faites, ce n’est que depuis 2003 que la ville a connu des changements remarquables, cela est-il dû à l’action d’une seule personne où est-ce le fruit d’une équipe.

S. D. je crois que vous avez déjà répondu partiellement à la question dans la mesure où comme vous le savez, le conseil d’une ville est constitué de trois parties, il y a les élus, il y a l’appareil administratif et technique et l’autorité. Dans toutes les villes, cette trilogie, qui agit en complémentarité, constitue les fondements de la démocratie locale. Malgré les contingences quotidiennes et les interférences qui peuvent survenir, la symbiose doit exister entre ces trois composantes. De ce fait, on ne peut pas considérer que dans un conseil, c’est seulement le chargé des travaux, le secrétaire ou l’élu qui travaillent. C’est toute une équipe qui se mobilise. Quand nous avons démarré cette expérience en 2003, nous l’avons démarrée sur la base d’une équipe qui s’est investie pour un programme dont nous commençons à recueillir les résultats. Pour être plus clair, ce que nous voyons actuellement c’est le fruit d’un travail soutenu de l’ensemble des parties concernées, le conseil municipal avec les membres du bureaux, les cadres, les employés, les administratifs et l’autorité locale, et ce sont ces trois composantes qui peuvent aujourd’hui être jugées sur ce travail-là. S’il est bon, on en est évidemment, s’il ne l’est que partiellement on en est conscients. A mon avis c’est comme ça qu’il faut évaluer.

A.O: Beaucoup de choses ont été réalisées à Agadir, notamment la plage, le prolongement de Taouada « la corniche », la route d’Agadir oflla, les jardins publics, les grandes artères, etc. Pensez-vous que la même équipe sortante bénéficiera de la confiance des électeurs e 12 juin ?

S. D. - Je vais vous répondre en ce qui me concerne la liste que je dirige, celle de l’Istiqlal. Nous, nous avons travaillé avec une majorité constituée en 2003 sur la base d’un programme, et ce programme il avait comme corollaire d’abandonner la gestion au jour le jour qui, auparavant, n’impulsait pas vraiment cette dynamique nécessaire pour la bonne gouvernance d’une ville de l’importance d’Agadir. Personnellement si je suis réélu, et que je bénéficie de nouveau de la confiance des citoyens avec une position qui me permet de continuer à gérer, bien entendu nous continuerons à travailler dans le même esprit, à savoir une gouvernance moderne, une gouvernance tournée vers l’avenir, une gouvernance sur la base d’un programme à moyen terme, qui compte d’un certain nombre de choses essentielles pour le bien-être de la population locale. Evidemment, qu’attend de nous le citoyen d’Agadir, aujourd’hui et demain? Eh bien, il attend de nous de meilleures prestations en terme de propreté, en termes de sécurité, de circulation, de climat d’investissement; ça c’est très important, il faut que la commune urbaine soit de réunir les conditions d’un acte d’investir qui permet la création des richesses. En un mot, il faut que les personnes qui viennent à Agadir pour investir trouve le bon Evidemment, qu’attend de nous le citoyen d’Agadir, aujourd’hui et demain? Le citoyen d’Agadir attend de nous de meilleures prestations en terme de propreté, en termes de sécurité, de circulation, de climat d’investissement; ça c’est très important, il faut que la commune urbaine soit capable de réunir les conditions pour un acte d’investir qui permet la création des richesses. En un mot, il faut que les personnes qui viennent à Agadir pour investir trouvent le bon accueil, de l’écoute et les mesures de facilitation avec le soutien des autres partenaires notamment l’administration. Nous devrions travailler pour qu'agrandir ait le taux de chômage le moins élevé pour l’éradiquer; il faut avoir un climat favorable à l’investissement. Comme il y a une compétition entre les pays, nous voudrions qu’il en soit de même entre les villes et les régions et dans cette logique que nous voudrions nous inscrire. Notre seul objectif c’est que la région Souss Massa Dra soit une région attrayante pour l’investissement ; que les investisseurs qui viennent ne repartent pas et qu’ils ne soient pas victimes de divers blocages qui vont à l’encontre de l’intérêt général.

A.O: S'agissant de la région, pensez-vous que Akhnouch a agi suffisamment pour mettre fin à la corruption qui sévit dans le secteur de la pêche notamment à Imsouan. Les armateurs se plaignent quotidiennement contre les chalutiers clandestins qui pêchent dans les eaux réservées à la pêche artisanale.

S.D : Moi, je considère que Akhnouch a fait un travail colossal car j’ai eu le plaisir et l’honneur de travailler à ses côtés; je crois que, indépendamment des problèmes qui sont inhérents aux différents secteurs ne peuvent être attribués à une seule personne; il faudrait placer le problème dans son contexte. Or, le problème dont vous parlez existe effectivement; mais il n’est pas inhérent à la politique menée par le président de la région. Tout le monde reconnaît que le président de la région a donné une dynamique extraordinaire au développement de Souss Massa Draa à tel point qu’elle est citée en exemple. Ceci étant, la pêche c’est un dossier très complexe qu’il est difficile de l’aborder en quelques lignes.

A.O: Dans certaines services, nous remarquons une certaine lenteur et un je-m’en-foutisme de la part des fonctionnaires dont tout le monde se plaint. Pensez-vous pouvoir mettre de l’ordre dans la machine administrative municipale si vous êtes réélu ?

S.D : Le travail a été commencé avait commencé, mais il a besoin d’être terminé. J’estime que parmi les dossiers urgents et prioritaires de la gestion communale figure celui des ressources humaines qui doivent être revues de fond en comble. Il faudrait qu’on arrive à sortir de la gestion sclérosée et qui ne permet pas d’évaluer objectivement le rendement de chacun.

A.O: Quels sont vos projets ?

S.D : Nous allons continuer bien sûr les grands chantiers déjà commencés, et si nous sommes réélus, nous allons nous occuper des disparités qui existent entre les différents quartiers. Une ville comme Agadir ne peut pas continuer à fonctionner à deux vitesses. Nos comptons demander le soutien des pouvoirs publics pour résoudre cette problématique et corriger les dysfonctionnements urbains.

A.O: Pensez-vous que la politique du tourisme all inclusive soit bénéfique à l’industrie touristique de la ville. Nous avons assisté pour la première fois à Agadir à des grèves de bazaristes qui ont dénoncés cette pratique.

S.D : -La crise du secteur touristique local est multiformes; le all inclusive ne peut pas justifier à lui seul les problèmes que connaît le tourisme à Agadir. C’est vrai que le tout-compris touche une certaine clientèle qui a l’habitude de sortir, d’aller dans les restaurants et faire des achats. Pour le tourisme, tous les effets multiplicateurs peuvent soit favoriser le secteur soit le défavoriser, le tourisme touche tout le monde depuis l’arrivée à l’aéroport jusqu’au retour du touriste chez-lui. Et là aussi, il faut une approche globale qui mobiliserait à la fois les opérateurs privés et les pouvoirs publics tout en prenant en compte les spécificités d’Agadir.

A.O: A propos des parkings, pensez-vous réorganiser ce secteur en mettant des parcmètres comme dans d’autres grandes villes du Royaume ?

S.D : Le parking est un problème sérieux; la structure urbanistique qui a connu un développement considérable a besoin d’une gestion rigoureuse du stationnement. Pour cela, il convient à mon avis faire appel au privé surtout que la circulation en été, devient très difficile.

A.O: Pourquoi ne pas interdire aux voitures en front de mer ?

S.D : On le fait partiellement. En fait, il faudrait que les restaurateurs adhèrent à cette idée, il ne faut pas imposer des choses sur lesquelles on ne ressent pas l’adhésion de tous. mais on y arrivera par la concertation et le dialogue.

A.O:Qu’en est-il du problème des déchets solides,comment envisageriez-vous la solution ?

S.D. Le problème de la décharge a été résolu par la gestion déléguée à un opérateur privé., comprenant la construction d’une nouvelle décharge contrôlée et la réhabilitation de l’ancienne décharge de Bikarane. En ce qui concerne la collecte et le nettoiement, il est tout aussi impératif de déléguer ce service à un opérateur privé afin de garantir une qualité de service irréprochable dans tout le territoire de la ville.

A.O. Pourquoi avez-vous quitté votre ancien parti l’UC, est-ce pour des raisons personnelles ou politiques ?

S.D.: Ce n’est pas un changement pour répondre à une ambition personnelle, ni parce que je n’étais pas bien dans ma peau à l’UC. Le changement que j’ai opéré a un rapport avec l’évolution directe de l’UC. Ce que je reproche à ce parti, et je ne suis pas le seul, c’est le fait de ne pas avoir introduit dans ses instances, et ce malgré nos multiples revendications, les réformes nécessaires à même de lui permettre de rénover son action et de moderniser son image.



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