Entretien avec M. Bajallat, superviseur de la célébration du cinquantenaire du tremblement de terre d'Agadir

Dans le cadre de la mémoire d'Agadir, Agadirnet.com publie exclusivement cette entrevue réalisée par le magazine Agadir o'flla qui a commencé depuis 2008 ce reportage sur les rescapés du tremblement de terre du 29 février 1960 qui a failli rayer Agadir de la carte et qui a causé la mort de près de 20 000 âmes d'une population d’environ 30 000 habitants à cette époque mémorable. La rubrique se poursuivra en recueillant les témoignages, soit de ceux qui ont vécu ce drame ou de ceux dont les proches l’ont vécu.

Entretien  avec M. Bajallat, superviseur de la célébration du cinquantenaire du tremblement de terre d'Agadir


L'interview de cette rubrique, septième du genre, est réalisée avec Monsieur Mohamed Bajallat, issu d'une des familles d’Agadir, professeur d’histoire/géographie  et membre élu du conseil de la commune urbaine d'Agadir, chargé de la commission chargée des infrastructures publiques et qui supervise la célébration du cinquantenaire du tremblement de terre d'Agadir. 


-Agadir o'flla: Monsieur Bajallat, bonjour et merci d'avoir voulu répondre à nos questions de la rubrique sur la mémoire d'Agadir. D'abord, voici la question classique de la rubrique : où étiez-vous le 29 février 1960 et quel âge aviez-vous?     


-Mohamed Bajallat: -J'avais quatre ans et le 29 février, j’étais exactement à Aghzdis. En fait, je suis du côté paternel de Founty et du côté maternel d'Agadir ouflla, autrement dit, au niveau de la famille, je suis un Bijaouan.    


-A. O. : -Le lendemain du séisme, étiez-vous resté à Agadir ou parti ailleurs?     


-M. B. : -Le lendemain du séisme, un oncle qui était à Ouled Taïma est venu nous chercher en camion, toute  la famille ; donc, nous avons vécu presque une année et demie à Ouled Taïma avec l'ensemble de la grande famille qui était composée de 120 membres à peu près. Il m’est resté des images de l'oncle qui nous venait le matin, à midi et vers 16 heures avec un panier de baguettes de pains comme s'il y avait un enterrement. L'image est encore vivace dans ma mémoire.     


A. O. : -Vous êtes devenu un des membres élus du nouveau conseil de la Commune Urbaine d'Agadir, combien y a-t-il de conseillers d'origine d’Agadir ou qui sont natifs d'Agadir dans ce nouveau conseil ?    


M. B. : - Délicate question, les vrais gadiris, plus exactement les gadiris de souche, ont toujours été, on ne dirait  même pas minoritaires…, ils n’ont jamais pu dépasser deux à trois personnes. Ceux qui sont nés à Agadir, je pense que c'est Tarik Kabbage et moi-même, les deux gadiris authentiquement de souche.        


-A. O.: - Il paraît que la ville d'Agadir se prépare pour célébrer le cinquantenaire du séisme d'Agadir, de quoi s'agit-il ? Et quel est  le programme de cet événement?          


-M. B.: -Quand il s’agit de parler d'Agadir, dès mon jeune âge, j'ai toujours été, tout simplement énervé au départ, puis exacerbé du fait qu'on parle d'une ville qui n'a pas d'âme. Certes, les gens qui pensent cela font des projections sur Agadir, ils la comparent à Marrakech ou Fès. Or, toute ville a sa personnalité. Agadir a une âme, et je pense comme toi et les autres, que les anciens et les survivants du séisme doivent tout simplement mettre en évidence la mémoire qu'on a tendance à oublier et que, Agadir, bien sûre, en tant que grande ville, n'a jamais été déracinée, elle a toujours su garder ses racines. C'est dans ce but qu'on a célébré, il y a de cela dix ans, le quarantenaire du séisme d'Agadir avec ce qu'il avait de positif et négatif. Mais, je pense que cette fois-ci il y a une forte mobilisation de part et d'autre, de toutes les composantes d'Agadir, que ce soit les officiels, la société civile…  afin qu'on arrive tout simplement, après ce demi siècle, à faire deux choses : d'abord préserver cette mémoire tant matérielle qu’immatérielle. Et, je pense aussi que les témoignages vont commencer à constituer une compilation très importante, quelles que soient les confessions, les appartenances et les catégories sociales, ce qui nous importe, essentiellement pour les générations futures, sachant qu’aujourd'hui nous sommes près de 500 000 habitants sur une métropole d’un million d'habitants dont la quasi majorité, 90%, sont jeunes et d'origine de toutes parts du Maroc. 


-A.O. : Quel est le programme de cette célébration? Y aura-t-il des activités commémoratives?                          


-M. B. : A l’ instant où je parle je fais un scoop, nous sommes encore en train de débattre et d'essayer de monter ce programme. L'idée qui commence à s'imposer c'est que le centenaire ne doit pas se faire en une semaine ou en quinze jours, le cinquantenaire, probablement, va durer au minimum une année afin de permettre à toutes les composantes, comme je l'ai dit, autant celles qui sont à Agadir ou ailleurs, y compris à l'étranger, de participer à ce cinquantenaire et ça nous permettrait, tu sais bien que la nouvelle équipe vient de s'installer on n'a pas eu le temps de tout préparer, donc ça nous permettrait d'incorporer, d'intégrer les diverses propositions sérieuses, bien sûr que nous aurons reçues. Donc, pour l'instant, la manifestation doit commencer à partir du 26 février 2010 et va s'étaler sur une année, les premiers axes du programme s'articuleront autour de deux grands thèmes scientifiques : celui de préserver la mémoire d'Agadir ; vous le savez très bien, on a eu la catastrophe du séisme, mais malheureusement depuis quelques années, disons depuis trois ou quatre ans, nous assistons a une autre catastrophe, humaine celle-là, perpétrée par certaines personnes ou certaines institutions qui se sont permises tout simplement à détruire ce qu'on avait commencé  à Agadir. Je donnerai l'exemple de certains bâtiments qui étaient-là avant le séisme, la jetée des Portugais qu'on a malheureusement détruite. Il y a également l'immeuble du cinéma Salam qui est un repère qui est reevendu et que le propriétaire veut détruire. Donc tout ça nous interpelle, il y a même des bâtiments du haut commissariat qu'on veut détruire ! Nous pensons qu’il est de notre obligation et de notre devoir d'arrêter ces destructions.      


-A. O. : Est-ce qu'il sera mis en place un comité de suivi, un comité composé de gadiris de différentes couches sociales et de diverses composantes ethniques, religieuses et apolitiques afin de veiller sur la préservation du patrimoine d'Agadir ?       


-M. B. : Vu l'urgence, nous avons déjà au niveau du conseil municipal dont je fais parti, une petite cellule qui travaille sur la préservation du patrimoine architectural de la ville, par le biais de la procédure juridique. On a mis en place une liste de tous les bâtiments à enregistrer, mais là où la procédure est plus longue c’est le fait d’assurer à ces bâtiments d’être classés. Pour répondre exactement à votre question, vu l'aménagement qui a été fait dans la charte communale et qui maintenant, dans le cadre d'une démarche participative de toutes les composantes de la ville, confère au Maire la capacité de mettre en place une commission formée de toutes les bonnes volontés de la ville afin de travailler sur ce dossier.      


-A. O. : Est-ce qu'il y aura dans cette commission des gens de partout, notamment de la Belgique qui a énormément contribué à la reconstruction de la ville et qui avait adopté des dizaines d'enfants rescapés du séisme du 29 février 1960?      


-M. B. : A vrai dire, nous pensons lancer dans quelques jours une promotion de cette manifestation et qui, certainement, sera captée par toutes les parties concernées, et déjà les Français qui étaient-là veulent revenir pour participer, les Hollandais dont l'ambassadeur nous a fait l'honneur d'une visite de courtoisie, surtout de travail. Au moment du séisme, Il y avait une équipe de jeunes Hollandais qui étaient au service militaire et qui étaient intervenus pour sauver les sinistrés d'Agadir. Bien sûr, la Belgique ne sera pas oubliée d’autant plus qu’Abdallah Aourik et d’autres ont fait partie des enfants du séisme d'Agadir que la Belgique a accueillis, et ça nous fera un grand honneur de les revoir à Agadir et ça nous fera un grand plaisir  que  ces enfants-là reviennent à la source.


-A.O. : Depuis des années que ceux qui s'étaient occupés des enfants d'Agadir en Belgique ont à plusieurs reprises sollicité d'organiser un événement entre Agadir et la Belgique, pensez-vous, en cette occasion du cinquantenaire, en guise de reconnaissance, rendre hommage à la Belgique?


-M.B. : Vous savez bien que les gens du bled sont toujours reconnaissants. Cette manifestation c'est d'abord un hommage aux sinistrés, aux nôtres que nous avons perdus ; ça va nous permettre de faire une cérémonie œcuménique pour tous les gens qui sont sous terre et pour ceux qui ont, bien sûr, sauvés les gadiris tant au niveau des personnes qu'au niveau des institutions civiles ou militaires. Donc, on fera le maximum possible pour n'oublier aucune partie, au contraire ça nous ferait un immense plaisir de voir ces gens participer à un acte où ils étaient solidaires avec les gadiris.    


-A.O. : Est-ce vous envisagez d'inscrire dans le programme des colloques, des petites rencontres entre la municipalité et les anciens gadiris, pour étudier la question de la mémoire, la question d'ériger un monument, la question de la création d'un musé spécial afin qu'il y ait une continuité de suivi sur la préservation du patrimoine culturel, historique et mémorial d'Agadir?


-M.B. : Donc je termine, j'avais dit comme quoi nous avons deux axes scientifiques, un pour la mémoire, le deuxième serait pour tout ce qui est urbanistique et l'aménagement urbain, Agadir avant le séisme, Agadir pendant la reconstruction jusqu'aux années 75 avec l'expansion de la ville, avec les défis aujourd'hui que nous avons, donc il faudrait bien que lors d'un colloque international voir quelles sont les orientations et les perspectives du grand Agadir et qu'on ne doit plus se contenter de traiter au coup par coup les problèmes d'Agadir. Le grand Agadir c'est un million et nous sommes conscients que c'est un énorme problème qu'il faut gérer, comment le gérer? Bien sûre il y a les problèmes locaux, mais nous avons l'ambition de mieux faire, et pour mieux faire, il faut voir les expériences des autres et essayer d'en prendre la meilleure.


-A. O. : Par exemple!


-M.B. : Il y a des villes qui ont été détruites en Europe, non pas par les séismes, mais lors de la seconde guerre mondiale.


-A. O. : Pourquoi ne pas prendre l'exemple de San Francisco qui a été détruite par un tremblement de terre et qui ressemble à Agadir ou de certaines villes du Japon qui ont vécu des séismes?


-M.B. : Il y aura une participation des Américains, mais c'est une école d'architecture de Chicago qui serait avec nous.


-A. O. : Il ne faut pas non plus oublier l'Institut métallurgique de New York qui, dès le lendemain du séisme d'Agadir, avait élaboré toute une étude et analyse sur la nature de la qualité des matériaux utilisés pour la construction de l'ancien Agadir, et justement cet Institut a conclu dans ses recherches que ce qui avait causé l'effondrement de la quasi totalité des bâtiments était justement dû à la mauvaise qualité du fer utilisé par rapport à la bonne qualité du fer utilisé dans les bâtiments qui ont résisté au séisme, notamment l'immeuble de la SATAS, La Banque du Maroc, Sept étages, cinéma Salam.         


-M.B. : Là vous me donnez raison, parce que je suis parmi les collègues qui travaillent sur ce dossier, de dire que la manifestation doit s'étaler sur une longue durée, raison de plus selon votre argument parce qu'on ne peut pas savoir tout sur ceux qui ont travaillé. Ce sera l'occasion d'inviter ces gens ; on ne pas les inviter sur deux mois, lorsqu'on a une année devant nous on pourrait toujours travailler sur ça et ça tombe très bien concernant cet évocation de votre part, à savoir lors de ce colloque sur l'urbanisme, il y aura des ateliers qui seront consacrés au béton. Les gens ne font pas attention lorsqu'ils sont dans la ville d'Agadir. Si on regarde de près, si on est observateur, le béton cru que nous avons dans nos artères, qui rappelle bien sûr le séisme, mais qui rappelle aussi l'aspect de sécurité de cette ville, un cachet urbanistique ; et beaucoup de personnes se déplacent  pour voir ce modernisme. Naturellement, avec l'usure et les changements climatiques, se pose le problème de la préservation de ces bétons et je pense que l'un des ateliers les plus importants sera consacré à cette question.         


-A. O. : Ca doit être intéressant d'assister à l'atelier sur le béton, car on s'est toujours demandé quelle est la durée du béton par rapport aux autres matériaux de construction?   


-M.B. : Là je ne pourrais vous répondre, mais vous, en tant qu'artiste qui a l'habitude de palper toutes sortes de matériaux de près, vous devez en savoir les secrets. Ce qui est important, vous nous donnez un tremplin d'évoquer un autre sujet, lorsque je parlais tout à l'heure de la mémoire, je fais pression sur notre président d'ériger une stèle à la mémoire des nôtres, et là c'est une invitation aux plasticiens et aux artistes de la ville, de proposer des projets, d'une part pour rendre hommage aux nôtres qui sont morts, et surtout je veux, et je tiens avec les personnes qui partagent cette opinion, à ce que la ville, sur le plan artistique, jouisse de repères qui permettent encore d'intégrer l'aménagement urbain de cet espace.       


-A.O. : J'ai eu récemment une interview avec Monsieur le Maire, au cours de laquelle je lui ai fait remarquer le manque de sculptures dans les jardins publics, dans les rondpoints et dans les places, ces objets d'arts sculpturaux pourraient embellir l'espace urbain et mieux agrémenter le look de la ville. Au lieu de cela, on a placé des fontaines dans des rondpoints, elles sont moches et coûteuses et n'ont aucun sens harmonieux avec les bétons qui les entourent. Pensez-vous faire appel aux artistes gadiris de pouvoir créer de vraies sculptures dans les places et rondpoints de la ville, aussi dans les jardins et le long de Taouada?           


-M.B. : Bon, je ne ferais pas de commentaire sur un sujet qui a été médiatisé, mais on doit le dépasser. cela nous donne quand même l'occasion en tant que gérants de la ville, avant d'intervenir, de faire confiance aux spécialistes, entre autres  aux artistes ; on a énormément de compétences, on a énormément de richesses, de matériaux qui pourraient donner une autre image à la ville, non pas touristique avec le fameux slogan « soleil et mer », mais pourquoi pas, et c'est ça l'objectif de la manifestation,  valoriser le culturel ! On oublie souvent qu'Agadir est une métropole, capitale d'une très riche région sur le plan culturel. Agadir doit  refléter cette richesse.            


-A.O. : Si j'ai bien compris vous êtes dans la commission culturelle.                  


-M.B. : Avec ce mandat je ne suis pas sur le culturel, je travaille surtout sur les dossiers des infrastructures publiques et tout ce qui est architectural, aménagement urbain.


-A.O. : L'architecture, l'environnement et l'art c'est ce qui fait l'âme d'une ville. Certainement, au cours de cette manifestation, nous allons s'attendre à beaucoup de débats sur l'esthétique de la ville. Cependant, nous avons constaté durant les élections de juin dernier un soudain réveil de la conscience collective, c'est nouveau dans l'histoire d'Agadir depuis la période de l'occupation portugaise. En effet, les gadiris ont voté en tout âme et conscience leurs conseillers qu'ils ont jugés d'après les actes pour l'intérêt du citoyen et de la ville et surtout Tarik Kabbage.                    


-M.B. : Je pense que vous prononcez un terme lourd, à savoir cette conscience collective, même nous, en tant que politiques, parfois on a tendance à croire que les Marocains ne s'occupent pas de la politique, il faudrait dire que lorsque les politiques sont sincères, transparents et qu'ils ont un projet, le peuple adhère à ce projet, la preuve vous l'avez bien évoqué, comment était l'élection du bureau actuel, et c'est là où notre tâche est plus délicate, parce que les attentes sont énormes, mais nous avons confiance, avec la participation des gadiris et la bonne volonté des acteurs de la ville on pourra gagner ce challenge.           


-A. O. : Durant ces élections, nous avons posé des questions à des électeurs sur leur choix, la quasi majorité de ces électeurs qui n'ont jamais voté dans leur vie, ont voté pour l'individu et non pour le parti qu'il représente. Ici nous découvrons un gadiri plus éveillé, plus conscient et qu'il n'est plus celui auquel on impose n'importe quoi!


-M.B. Vous êtes certainement au courant de ce qui se passe  au niveau de notre parti, il faut dire que Tarik a été intransigeant sur le casting, c'est vrai que toute la réussite c'est qu'il a essayé cette fois-ci d'éviter les erreurs du mandat précédent et de mettre en place une liste qui a d'abord l'aval de la majorité des partisans mais aussi de la population. Nous sommes confiants, autant le défi est grand autant ça nous motive. Nous avons énormément besoin, non uniquement de l'adhésion des gadiris qui vivent aujourd'hui à Agadir, mais nous avons aussi, c'est un appel sincère, de l'adhésion des gadiris qui étaient-là, parce que, aujourd'hui, ils sont un peu partout dans le monde, ils ont un savoir-faire, ils ont des expériences et nous avons besoin de ces expériences afin qu'Agadir soit vraiment un vrai pôle économique et culturel pour une région aussi riche.


-A. O. : Les souvenirs d'enfance qui ont marqué le plus les gadiris sont les fameuses activités sportives, notamment le fameux circuit de formule un qui faisait d'Agadir une ville convoitée par les touristes et aussi les fameuses fêtes des oranges et de la mer et les compétions de natation entre les clubs du Maroc, pensez-vous remettre en valeur ces activités?       


-M. B.: Si vous aviez bien remarqué au niveau du programme, notre stratégie c'est que les secteurs clefs qui ont du potentiel sur le plan de la ville d'Agadir doivent-être activés et valorisés. Parmi ces secteurs, il y a celui du sport. C'est vrai, lorsque nous voyons les images d'avant le séisme avec quelques activités qu'on ne soupçonnait pas, on est frustré avec tous les équipements qu'on a aujourd'hui, avec tout le potentiel et les technologies qu'on a aujourd'hui, comment ne pas arriver à faire d'Agadir un vrai pôle de compétitions sportives et ça ne peut que renforcer cet aspect touristique de la ville d'Agadir. Nous avons un grand espoir d'ériger une académie des sports, pour une double raison, comme vous le savez, le diplôme intellectuel n'a plus la même valeur qu'auparavant, ça peut choquer certains, surtout venant d'un enseignant, mais il faut dire la réalité elle est là, je suis dans le réel politique, aujourd'hui un jeune de seize ans formé sur le plan sportif peut réussir  personnellement mais aussi réussir pour son pays. Deuxième raison, une académie des sports permettrait des échanges avec d'autres villes qui ont plus ou moins des similitudes avec Agadir, ce qui fera d'Agadir un pôle d'attraction sportive, nous avons la chance d'avoir 300 jours de soleil, si je prends uniquement l'exemple du football, il y a la pause hivernale, combien d'équipes européennes peuvent pendant cette pause hivernale venir à Agadir, y séjourner, y trouver le plaisir qu'il faut et en même temps pratiquer du sport.         


-A. O.: Je vous ai entendu au conseil communal lors de la session d'octobre débattre la question de l'éducation.  Qu'est-ce qui se passe au juste dans le système de l'éducation au Maroc? Est-il malade où c'est la machine du système éducatif étatique qui est rouillée? On a l'impression qu'il y a un conflit entre l'enseignement public et l'enseignement privé! Pourquoi les enseignants du public envoient-ils leurs enfants dans l'enseignement privé?        


-M. B.: Tout le monde est unanime, y compris le chef de l'Etat, à dire que notre enseignement est malade et qu'il est urgent qu'il y ait une réflexion, une réforme de cet enseignement. Ma question est : comment et pour quelle société? En tant que politique, il faut dire que certains slogans des syndicats ont tellement persisté pour dire que la qualité de notre enseignement s'est perdue quelque part, il faut remettre en cause ceux qui, à un moment donné, ont délaissé l'enseignement public au point d'en arriver au stade où il est actuellement. Toi, moi, tout le monde sait qu'une génération est le fruit de cet enseignement public. Cela veut dire que je ne suis pas contre l'enseignement privé, l'enseignement privé peut être un partenaire en parallèle avec l'enseignement public pour ceux qui ont les moyens, mais l'un ne doit pas se faire au dépend de l'autre. Si vous étiez-là au cours de ce débat de la session d'octobre, j'avais interpellé le délégué de l'enseignement à exercer ses prérogatives. Dans l'enseignement privé, se sont infiltrés des opportunistes qui ne cherchent qu’à se faire de l'argent, sans tenir en compte la qualité des équipés pédagogiques, voire la qualité de l'enseignement dans leurs établissements.


-A.O. : Monsieur Mohamed Bajallat, merci beaucoup pour nous avoir reçu.




2 commentaires pour cet article
  1. Le 2010-03-22 à 12:27:11 par taouakalna

    Ravie de lire et de revoir mr. bajallat mon ancien prof d histoire geo, 20ans deja ont passé


  2. Le 2011-01-19 à 01:13:09 par Jamal Bijaouan

    Allah ihfdek mONSIEUR Bajalat


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