Film Amazigh d’Agadir, ou le clin d’œil à Matoub

La sixième édition du Festival International du Film Amazigh (FIFA) s’est achevée avec deux distinctions pour le cinéma kabyle.

Film Amazigh d’Agadir, ou le clin d’œil à Matoub

La sixième édition du Festival International du Film Amazigh (FIFA) s’est achevée avec deux distinctions pour le cinéma kabyle.
La première concerne le film « Yidir » (2012) de Tahar Houchi, qui a obtenu le prix du court-métrage en ex-aequo avec « Ansite » du Canarien Armando Ravelo. Le second concerne Hassiba Aït Djebbara, qui a obtenu le prix de la meilleure interprétation dans « Le sang et l’argent » (2012) un long métrage d’Idir Saoudi et qui traite du phénomène du kidnapping en Kabylie. Selon le jury et les observateurs présents à Agadir, l’actrice kabyle « est une artiste talentueuse et qui a un avenir prometteur dans le domaine du cinéma ». Par ailleurs, le réalisateur marocain Ahmed Baidou a remporté Le grand prix de cette édition, avec son long métrage "Aghrabou" (Le bateau) ".). Alors que celui du de l’’interprétation masculine est revenu à Houcine Bardouaz, pour son rôle dans le même film.
Organisé annuellement par l’association Issni N’Ourgh d’Agadir, ce festival est devenu un rendez-vous incontournable du cinéma amazigh. Pour l’édition 2012 une trentaine de productions, dont sept algériennes étaient en lice pour les distinctions. Il s’agit des longs métrages « Le sang et l’argent » (2012) d’Idir Saoudi et de « Vava Moh » (2012) de Smail Yazid ; des courts métrages « Yidir « (2012) de Tahar Houchi, « Encre et le monde » (2012) de Sofiane Bellali et « Banc public » (2012) de Djamel Allam ; des documentaires « Matoub, l’éternel combat » (2012) de Tahar Yami et « ça coule de sources » (2012) de Djamel Ait-Iftène. L’actrice kabyle Djamila Amzal, interprète principale dans « La Colline oubliée » d'Abderrahmane Bouguermouh et « La Montagne de Baya » d'Azzedine Meddour a fait partie du jury, présidé par le journaliste marocain Rachid
« Matoub Lounes, le combat éternel », documentaire de Tahar Yami qui retrace brièvement le parcours du rebelle, a ouvert cette rencontre, une manière de rendre hommage à l’enfant de Taourirt Moussa. «C’est un grand honneur pour nous de donner le coup d’envoi de notre festival par la projection d’un documentaire sur Matoub Lounès, un homme amazigh qui s’est sacrifié pour la liberté, la démocratie et les droits de l’homme. C’est un vibrant hommage que nous voulons rendre à cet artiste kabyle qui a été assassiné pour ses idées et son combat » dixit Rachid Bouksim, directeur du festival.
Deux films documentaires ont retenu l’attention lors de ce festival pour les sujets traités: "Tumast N'Tiniri" (La mère du Sahara) du Libyen Azrou Magoura (18 ans) et « Tiaâwinin » (Ça coule de sources) du Kabyle Djamel Aït Iftène. Le premier relate à donner des frissons, la situation des habitants d’un village berbère dans le Sud libyen, qui vivent dans des conditions d’extrême précarité (Absence d’école, de centre de santé, maisons en terre…). Ces derniers ne sont même pas inscrits dans un registre d’état civil, avec toutes les conséquences que cela induit (emploi, déplacements etc). Le second nous rappelle une des valeurs ancestrales de Kabylie et qui tend malheureusement à disparaitre, la solidarité. Face à l’absence de l’Etat, les habitants d’Aït Aïssa Ouyahia (Haute-Kabylie) s’organisent et se prennent en charge pour améliorer leur quotidien. Ils organisent des actions citoyennes d’intérêt général, dont celle évoquée dans le film : alimenter leur bourgade en eau potable. Et la solidarité a payé.



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