In extremis

Le gouverneur du Texas, Rick Perry, a épargné la vie de Kenneth Foster, 30 ans. Il a décidé, six heures avant l'exécution de la peine, de commuer la condamnation à mort en réclusion à vie.

« Après avoir examiné attentivement les faits de cette affaire, tout comme les recommandations du bureau des grâces, je pense que [cette décision] est correcte et juste », a déclaré, le gouverneur du Texas dans un communiqué.

Auparavant, le Comité des grâces de l'État avait recommandé, par six voix contre une, d'épargner la vie de Kenneth Foster. La recommandation du comité n'a qu'une valeur consultative.

Loi des parties

Kenneth Foster a été condamné à mort pour un meurtre commis par un camarade. Durant une nuit d'août de 1996, M. Foster a accompagné trois camarades dans une virée combinant consommation de marijuana et petits braquages. À un moment, l'un des passagers, Mauriceo Brown, est descendu de la voiture pour faire des avances à une femme et s'est trouvé face au conjoint de celle-ci. Le ton est monté entre les deux hommes, le jeune délinquant a ouvert le feu, tuant sa victime sur le coup.

Kenneth Foster, qui était au volant, a été jugé et condamné en même temps que le meurtrier, à la même peine que lui, au nom d'une loi texane dite « loi des parties ». Ce texte, en vigueur depuis 1974, abolit la distinction entre l'auteur principal d'un crime et son complice et permet de les déclarer coupables au même degré.

Kenneth Foster a toujours rejeté la responsabilité du meurtre, assurant qu'il ne savait pas que son passager avait une arme sur lui et encore moins qu'il comptait l'utiliser. Brown a quant à lui été exécuté en 2006.

Après la condamnation de Kenneth Foster, de nombreux comités de soutien ont vu le jour, aussi bien aux États-Unis que dans plusieurs pays européens.

Comme la prison à perpétuité réelle n'existe au Texas que pour les crimes commis depuis 2005, Kenneth Foster pourra bénéficier un jour d'une libération conditionnelle.

Avant le cas de Kenneth Foster, le gouverneur du Texas n'avait commué qu'une seule condamnation à mort. Il s'agissait d'un meurtrier dont les troubles mentaux étaient si graves qu'il ne pouvait plus être exécuté. Il a en revanche autorisé 163 exécutions.

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