La presse à la rencontre de Tarek Kabbage, maire d’Agadir : Une ville qui pouvait mieux faire

La presse à la rencontre de Tarek Kabbage, maire d’Agadir : Une ville qui pouvait mieux faire Dans le cadre de ses activités diverses, le Club régional de la presse d’Agadir a tenu récemment, dans son siège sis au Théâtre de verdure, une rencontre avec Tarek Kabbage, président de la commune urbaine d’Agadir, autour du bilan de ce présent mandat qui entame sa dernière ligne droite. Une vingtaine de représentants des différents médias régionaux et nationaux a assisté à cette conférence de presse marquant, encore une fois, une tradition que le club ne cesse d’ancrer dans le paysage médiatique de la ville.

Toujours aussi serein et revigoré, le maire d’Agadir ne mâcha guère ses mots tant son verbe et ses convictions n’allaient point par quatre chemins. Le seul qu’il empruntât, tout au long des échanges avec les journalistes, était celui du dévoilement et de la transcendance.
Tout d’abord, il reconnaît que nombre de handicaps, en termes de ressources humaines, au sein de la collectivité paralysent substantiellement l’action communale, car on a beau se doter de moyens budgétaires, mais force est de constater que la pénurie ou la nonchalance des compétences techniques susceptibles de concrétiser tout ce potentiel matériel constitue toujours un frein.
Dans le même ordre d’idées, il ne daigne pas de faire incomber ces déboires à un certain nombre d’architectes qui faillent à leurs obligations dans plusieurs projets au niveau de la conception et la réalisation. De ce fait, la ville accuse des retards criards à cause des anomalies flagrantes, comme c’est le cas, notamment, des complexes socioculturels à Agadir, Tikiouine ou ailleurs. Toutefois, il n’hésita nullement à exalter l’ébauche satisfaisante dont fait preuve, à titre d’exemple, l’entreprise à la charge de la promenade piétonne en cours d’exécution à la corniche d’Agadir.
Par ailleurs, l’invité du jour s’indigna énergiquement de la cadence fulgurante que connaissent actuellement les flambées de l’habitat. «Les démarches immobilières et les intermédiations spéculatives, dans ce domaine, assènent des coups meurtriers à la bourse des citoyens démunis, voire même la couche sociale moyenne, qui ne parviennent pas à s’attribuer un domicile, tellement les coûts ne cessent de croître à un rythme vertigineux», fustige-t-il. A cet effet, il ne manqua pas non plus de condamner les infractions urbanistiques qui sévissent, au grand jour, partout en ville, en dépit des dénonciations et des rappels à l’ordre auprès de leurs auteurs. Il semble bien, estime-t-il, que la cité avance à deux vitesses contradictoires, celle des adeptes de la réforme et de la réprobation, en face de celle des lobbys de l’illicéité et du dépassement. Dans un autre registre, le responsable communal s’enrage à l’idée de s’acharner à privatiser les services publics de la commune dans la précipitation, en particulier le transport urbain, sans études minutieuses et approfondies des cahiers de charges. Des concertations pondérées et sérieuses sont déjà entamées avec des organismes ayant une longue expérience à ce niveau, particulièrement avec les décideurs représentatifs de Nantes en vue de doter la ville des mécanismes de développement appropriés et pérennes. «L’étude de n’importe quel projet structurant est une condition incontournable dont on ne peut se passer, or il se trouve que cette obligation n’est pas toujours respectée, au moment où des irrégularités, parfois irrémédiables, dans bien des cas, surgissent avant même la finition», rétorque-t-il. Dans ce cas, la responsabilité de tout un chacun est évidente et ne peut fairel’objet ni de dérobade ni d’étouffement, d’autant plus que plusieurs intervenants se manifestent dans tel ou tel projet de la ville.

Des réalisations concrètes


Certes, poursuit-il, des points noirs perdurent encore, spécialement des bidonvilles et des constructions anarchiques dont le traitement laisse à désirer, en plus des défaillances chroniques, telles la place Salam où les taxis et les bus continuent à faire endurer aux citoyens de multiples nuisances, des terrains vagues parsemés par ci et par là, en particulier à Tawada au front de mer, soumis à des spéculations nourries, le Conservatoire musical dont la vision initiale, malsaine du reste, serait remaniée pour assurer sa mise en marche… Toutefois, les remèdes à ces désagréments ne dépendent pas toujours du bon vouloir de la commune puisque d’autres paramètres entrent en jeu, souvent sans notre consentement. «Pour notre part, nous avons prôné l’aménagement et l’embellissement de la ville : presque la totalité des rues des quartiers sont revêtues et dallées, l’éclairage public couvre pratiquement la majeure partie des coins les plus reculés, les espaces verts, irrigués au goutte-à-goutte, illuminés et entretenus constamment, poussent partout avec des allées piétonnes et cyclables convenables, les giratoires et les carrefours sont dressés dans nombre d’artères de la ville facilitant à merveille l’accessibilité et mettant fin aux encombrements d’antan, les domaines publics, notamment au niveau des devantures des cafés et restaurants, sont quasiment respectés malgré les récalcitrants «pistonnés»… », affirme-t-il. Il est vrai que le souci majeur de la commune, après les perturbations internes et externes qui ont accompagné ses actions, des années durant, est de se focaliser sur ces volets d’extrême acuité pour le quotidien des populations. D’autres priorités ont également retenu l’attention du maire de la ville qui évoqua, entre autres, l’effort consenti dans la valorisation de la citadelle d’Agadir Oufella en termes d’éclairage, de la réfection de la route et des sentiers pédestres, de la restauration des remparts, dans l’aménagement du souk Al Had au niveau des murailles, des portails et des charpentes intérieures, dans l’édification de la promenade piétonne de la plage d’Agadir, véritable chef-d’œuvre touristique dont les retombées seront, sans doute, très porteuses, dans si peu de temps…
On ne peut non plus passer sous silence les réalisations de proximité en direction des citoyens de tous âges, notamment des maisons de quartiers, des complexes d’environnement avec des aires de repos en verdure et des espaces ludiques de jeux et de sport à Ibn Zaidoun, à Al Houda, à Bouargane… «Au niveau de la culture, nous avons tenu à investir dans ce sens en se fiant au compte bancaire du Centre régional du tourisme (CRT) pour assurer le règlement des cachets des troupes artistiques en liquide, mais, là aussi, on s’est heurté à des résistances acides à cette formule. «L’idée de constituer une association parallèle chargée de l’animation culturelle et la gestion du budget communal alloué à cet effet a aussi rencontré, lors de l’assemblée générale, des résistances déplorables», souligne le président du Conseil de la commune d’Agadir, en faisant aussi allusion au festival Timitar dont il suggère une halte évaluative pour mesurer les répercussions sur l’échiquier culturel et touristique de la ville et la région.
Enfin, tout au long de cette rencontre à la réussite de laquelle les journalistes ont notoirement concouru par leurs questionnements et points de vue pertinents, leur interlocuteur usait d’un franc-parler pugnace et d’une assimilation rationnelle des atouts et des faiblesses d’une ville dont certaines composantes influentes, il faut bien le reconnaître, n’ont pas du tout facilité sa mission, mise, de bout en bout, à rude épreuve, en dépit de son intégrité, sa détermination et son dévouement exemplaires.
On aura certainement retenu de ce passage communal qui s’apprête à s’achever le fait que le président affichait, malgré les coups bas et les complots mesquins dont il était continuellement victime, un bel attachement aux intérêts suprêmes de la cité et des citoyens, une belle préservation des contribuables et un beau réflexe d’autonomie et de conservation contre les voracités et les accaparements d’un entourage belliqueux et malicieusement envenimé. Au moins, lui, il en aura la conscience tranquille, à la différence de ses prédécesseurs et ses comploteurs qui, à coup sûr, trouvent du mal à dormir sans spectre du remords.


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