L’Algérie en panne, selon L’Expression

Dans un éditorial consacré à la situation économique et sociale en Algérie, le quotidien algérien L'Expression analyse les raisons du blocage dont souffre ce pays.

L’Algérie en panne ? C’est peu dire face à la récurrence des difficultés qu’elle affronte et dont elle n’arrive pas toujours à venir à bout. Outre la déliquescence observée dans le champ politique national qui fonctionne au coup par coup et par la grâce d’une crise par-ci, d’une révolution de palais par-là - quand ce ne sont pas les leaders politiques qui jouent aux «divas»-, c’est le front social qui, de tout temps, fait problème. Les pénuries récurrentes, la flambée des prix des produits de première nécessité sont en connexion directe avec la démission des échelons subalternes des démembrements de l’Etat (wilaya, daïra, commune) qui ont échoué dans le travail de suivi et de régulation au niveau de leurs champs d’intervention. Les directions commerciales et de l’agriculture, notamment au niveau des wilayas, n’accomplissent pas les actions qu’elles sont censées réaliser pour parer à toute situation de surchauffe. Or, cette surchauffe plutôt que d’être l’exception est devenue au fil des ans la norme avec la répétition des pénuries qui ont pour conséquence la flambée des prix, laquelle pénalise le pouvoir d’achat de la population.
Ce dysfonctionnement généralisé va des structures de base de l’Etat - la commune - jusqu’à déteindre en dernier ressort sur la tête de l’Etat - le gouvernement -, lequel gouvernement se surprend à son tour à improviser des solutions de dernière minute peu satisfaisantes et qui n’ont jamais constitué la panacée. La preuve en est la persistance des mêmes problèmes qui reviennent cycliquement chaque année à la même période. Le problème n’est donc pas nouveau. Qu’a donc fait l’Etat ces dernières années pour y remédier et apporter les solutions que nécessite la situation induite par une production nationale qui ne répond pas aux besoins de la population? Depuis des années, au plan alimentaire, les feux se maintiennent au rouge alors que l’Algérie dépend à 80% pour ses besoins comestibles de l’importation. Ce qui, faut-il le relever, met en danger la sécurité du pays. Le problème est sérieux et il est étonnant que l’administration et les hautes institutions de l’Etat n’aient pas pris la mesure d’une situation qui perdure et s’aggrave d’une année à l’autre. Il y a urgence que l’Etat prenne à bras-le-corps un problème qui n’est plus uniquement alimentaire et prend de plus en plus une connotation politique. C’est aussi le cas des maladies dont la récurrence étonne quand le moindre «bobo» devient un cas mystérieux de portée nationale. Certes, les centres médicaux de «l’Algérie profonde» sont sous-équipés, manquent de spécialistes, quand ils sont tout simplement inexistants.
Cependant, le retour dans ces régions de maladies réputées éradiquées a de quoi inquiéter lorsque les pouvoirs publics, plutôt que de prendre le taureau par les cornes, tergiversent et minimisent systématiquement le problème. Ce qui les absout, estiment-ils, des explications que la société attend de l’administration quant à la constante dégradation d’un secteur hospitalier qui faisait dans les années 70 la fierté de l’Algérie. Une production agricole et alimentaire chétive, qui ne couvre plus les besoins du pays et un corps médical qui n’est plus à la hauteur de ses missions sont les signes probants d’une inaptitude générale ou d’une démotivation tout aussi générale, sans doute les deux à la fois. Nonobstant d’autres paramètres, cela explique sans doute la panne dont souffre aujourd’hui l’Algérie. Aussi est-il temps de se réveiller et que chacun assume ses responsabilités à son niveau, y compris au sommet de l’Etat.

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