L'avenir de Douarnenez passe par le Maroc

L\'avenir de Douarnenez passe par le Maroc A Agadir, Chancerelle met en boîtes les sardines aux marques de la grande distribution. Pour maintenir l'emploi... dans son usine bretonne.

Investir au Maroc pour maintenir l'emploi en France, peut paraître surprenant. Pour Chancerelle, c'est une réalité depuis 2002. « Il y a longtemps que le Maroc exporte de la sardine en France », souligne Édouard Paulet, directeur général de la conserverie de Douarnenez (Finistère). Le pays est même le premier producteur de sardines au monde. Aussi, lorsque l'opportunité s'est présentée de prendre un tiers du capital de Belma, une conserverie marocaine, Chancerelle n'a pas hésité.

Pour la sardine comme pour d'autres produits, les marques sont peu à peu supplantées par les marques de distributeurs (MDD). « La part des MDD représentent, aujourd'hui, 35 à 37 % du marché. Et la tendance ne va pas s'inverser. »

Leader français en valeur, avec sa marque Connétable, la plus chère, Chancerelle est dépassé, en volume, par le groupe Parmentier (Petit Navire). « Si nous sommes entrés chez Belma, poursuit le directeur général, c'est pour garder les clients et la puissance commerciale. » Et, surtout, être en mesure de fournir, à la grande distribution, ces fameuses MDD.

Gagnant-gagnant

Pour des raisons évidentes de rentabilité, Chancerelle n'aurait pas pu produire, à Douarnenez, ces conserves au rapport qualité-prix particulièrement serré. Au Maroc, les salaires sont dix fois moins élevés et la flexibilité des horaires est grande. C'est donc chez Belma, à Agadir, que sont préparées et mises en boîtes les sardines aux marques des grandes enseignes. Avec le même savoir-faire et un outil industriel tout aussi à la pointe.

La nouvelle usine, située à deux pas de l'aéroport de la cité balnéaire et mise en service il y a trois mois, a coûté 12 millions d'euros. Le bâtiment (14 000 m2 couverts) dispose des mêmes équipements que la conserverie douarneniste. Elle répond, bien sûr, à toutes les normes internationales, notamment alimentaires.

« Nous employons un millier de personnes, précise Arnaud Marty, directeur général de Belma. Nous travaillons entre 18 000 et 20 000 tonnes de sardines par an, pour une centaine de marques différentes et un marché essentiellement européen (55 % du chiffre d'affaires) et africain (30 %). » Les sardines de Belma sont directement livrées dans les entrepôts de Douarnenez.

La grande distribution n'est pas la seule à y trouver son compte. Belma profite de l'expérience de Chancerelle qui, grâce à cette petite soeur marocaine, peut assurer la pérennité de Connétable, véritable vitrine de l'entreprise.


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