Le fils de Ben Barka dénonce le "cynisme de la raison d'Etat"

Alors que le parquet de Paris a demandé la suspension de la diffusion de quatre mandats d'arrêt dans le cadre de l'enquête sur la disparition de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka, son fils dénonce "ce revirement" de la justice française.

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La suspension de la diffusion des mandats d'arrêt visant quatre Marocains dans l'enquête sur la disparition de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka, demandée par la justice française, est une "manifestation cynique de la raison d'Etat", a estimé samedi 3 octobre son fils, Bechir Ben Barka.
"On ne sait pas ce que cache ce revirement. La ministre de la Justice a-t-elle été déjugée par l'Elysée ? Y-a-t-il une volonté de ne pas chercher la vérité ? Si c'est le cas, cela doit être dit", a-t-il ajouté.
L'avocat de la famille Ben Barka, Maurice Buttin, s'est également interrogé sur les raisons de ce revirement. "C'est anormal, illogique. Pourquoi ce mandat, qui était exécutable en France depuis deux ans, ne l'est pas au niveau international ?", a-t-il dit.

Interpol demande des précisions

Le parquet de Paris avait créé la surprise, dans la soirée du vendredi 2 octobre, en demandant la suspension de la diffusion des quatre mandats d'arrêt visant des Marocains. Ces mandats d'arrêt avaient été notifiés il y a quelques jours par Interpol dans le cadre de l'enquête sur la disparition de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka en 1965 à Paris.
Selon le parquet, cette décision intervenait après qu'Interpol, qui avait diffusé ces mandats il y a quelques jours après feu vert du ministère de la Justice, eut demandé ensuite des précisions.
"Le parquet de Paris demande la suspension de la diffusion de ces mandats, dans l'attente des précisions demandées au juge d'instruction", avait-il indiqué, avant de préciser qu'"Interpol a demandé des précisions afin de les rendre exécutables. Sans ces précisions ces mandats sont inexécutables". Les mandats avaient été signés par le juge parisien Patrick Ramaël, chargé du dossier, en octobre 2007. C'était au moment où Nicolas Sarkozy était en visite d'Etat au Maroc. Or, cette demande avait plongé la délégation française dans l'embarras.

Une affaire jamais élucidée

Ils visent le général Hosni Benslimane, chef de la gendarmerie royale marocaine, le général Abdelhak Kadiri, ancien patron des renseignements militaires, Miloud Tounsi, alias Larbi Chtouki, un membre présumé du commando marocain auteur de l'enlèvement, et Abdlehak Achaachi, agent du Cab 1, une unité secrète des services marocains.
"Interpol pointe des insuffisances dans ces mandats d'arrêt et demande que ces insuffisances soient complétées", avait également indiqué le porte-parole du ministère de la Justice, Guillaume Didier. "Dans l'attente, le parquet demande la suspension de leur diffusion", avait-il ajouté.
Mehdi Ben Barka était le chef de file de l'opposition marocaine en exil et une figure emblématique du tiers-mondisme. Il a disparu le 29 octobre 1965 devant la brasserie Lipp à Paris, lors d'une opération menée par les services marocains du roi Hassan II, avec la complicité de policiers et de truands français.
Cette affaire n'a jamais été totalement élucidée malgré deux instructions judiciaires : le corps de Mehdi Ben Barka n'a toujours pas été retrouvé et les conditions de sa mort restent mystérieuses.



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