Le Maghreb et l'Afrique à l'honneur à Agadir : Un programme varié axé sur l'appartenance

L'Institut français d'Agadir fête la double appartenance du Maroc au continent africain et au Maghreb.

La particularité culturelle et historique de ce dernier serait à l'honneur à travers une programmation variée. Conte, rencontre, débats, exposition, concerts, projections… le menu promet bien des moments forts susceptibles de satisfaire plus d'uns. En collaboration avec Culturesfrance et avec l'Université Ibn Zohr, l'Institut fera de la mise en perspective des différences et des ressemblances, des influences respectives et des divergences thématiques ou formelles, l'un des temps forts de son programme pour ce second trimestre.
Pour commencer, un hommage posthume sera rendu le 23 mai à l'un des grands aventuriers du siècle dernier, Michel Vieuchange. Un voyageur passionné de découvertes parti à la quête d'une utopie appelée Smara. Il laissera sa vie dans cette grande aventure. L'hommage de la médiathèque de l'Institut français se teindra en présence de plusieurs éminents témoins. Toujours sous le signe de la rencontre Maghreb/ Afrique, le second Fetival de l'humour d'Agadir invitera deux jeunes humoristes d'origine nord-africaine, vivant dans la région parisienne et se produisant pour la première fois au Maroc.

Le débat aura sa place de choix à travers un cycle de conférences organisé en collaboration avec l'Université Ibnou Zohr. C'est ainsi que l'Institut accueille l'écrivain français Olivier Poivre d'Arvor qui donnera une conférence intitulée «Les deux rives du Sahara», dirige l'Association française d'action artistique AFAA, devenue en 2006 Culturesfrance. Poivre d'Arvor est également un romancier et essayiste réputé. Une autre grande pointure sera de la partie, Abdelwahab Meddeb. Ecrivain, poète et professeur de littérature comparée (Europe/Islam) à l'université Paris X, il est directeur de la revue internationale et transdisciplinaire Dédale. Ses œuvres sont traduites dans une quinzaine de langues. Il produit l'émission hebdomadaire Cultures d'Islam sur France-Culture. Le tunisien Tahar Bekri viendra également partager sa vision lors d'une rencontre. Considéré comme l'une des voix importantes du Maghreb, il a publié une vingtaine d'ouvrages tous genres confondus (poésie, essai, livre d'art) écrits en français et en arabe.

«L'Alliance des civilisations : une lecture marocaine» est le thème de la conférence qui sera donnée par le Conseiller du Roi, André Azoulay. A l'heure où on s'inquiète des retombées catastrophiques du «choc des cultures», en l'occurrence à une réactivation des guerres de religions ou d'idéologies qui opposèrent les différentes communautés, le Maroc est là pour attester que lesdites cultures ont toutes les raisons de se respecter. C'est ce message que portera, lors de son intervention, André Azoulay, qui vient récemment d'être élu président de la prestigieuse Fondation Anna Lindh. D'après l'institut, ces rencontres placées sous la thématique Afrique/ Maghreb, à Agadir, ont pour vocation de rapprocher les cultures amazighes, sahraouies, arabes, méditerranéennes et africaines.
Sur un autre registre, une exposition photographique signée Pierrot Men vient ouvrir d'autres fenêtres sur le monde, son monde. Ses photos sont à l'image de la Grande Île (Madagascar): sans violence. Juste une quiétude qui semble figée dans l'éternité. Une œuvre construite et axée sur un élément, un point qui fait sa force et son originalité.

Il a cette efficacité de l'œil à saisir et à organiser l'essentiel d'une réalité. Il sait révéler l'importance de l'homme mis au centre de l'objectif tout en révélant sa propre sensibilité par rapport à des situations humaines singulières. L'exposition se tient jusqu'au 23 mai à l'Institut français en partenariat avec Culturesfrance et avec le soutien du Centre Culturel Albert Camus (Madagascar).
Si les images ont cette force interpellatrice, les mots n'en sont pas moins puissants. L'institut propose à son public des spectacles de contes avec Saïdou Abatcha, Des leçons de sagesse africaine pour grands et petits interprétées par un artiste polyvalent qui arbore avec mérite les casquettes de comédien, conteur et humoriste. Sa dernière création rend hommage au grand conteur et philosophe malien Amadou Hampâté Bâ.
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Hommage
En 1930, un jeune homme de vingt-six ans, Michel Vieuchange, forme le projet fou de se rendre à Smara. Avec le soutien d'une équipe amazighe, son voyage clandestin va durer deux mois et demi,
plusieurs milliers de kilomètres de souffrances, à pied ou à dos de méhari.
Ce qu'il veut conquérir : «un nom seul, fait pour passer dans la bouche et l'oreille des hommes, Smara». Michel réussit à atteindre son but, mais au prix de sa vie. En moins d'un siècle, Smara, son livre posthume, est devenu un classique de la littérature aventureuse.
Quant à Vieuchange, il repose à Agadir, dans cette terre marocaine qui lui a donné sa légende. Parti sur les traces de cette figure énigmatique, Antoine de Meaux en a rapporté un livre, L'Ultime désert, et un documentaire, «A la recherche de Michel Vieuchange», tourné en 2007 avec la complicité du réalisateur Jacques Tréfouël.


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