Le président Ahmadinejad affirme que l'Iran a franchi une nouvelle étape nucléaire

L'Iran a de nouveau haussé le ton dimanche sur son programme nucléaire, son président, Mahmoud Ahmadinejad, affirmant que le pays a franchi le cap de 3.000 centrifugeuses d'enrichissement d'uranium.

Téhéran a aussi réitéré la menace d'une révision de sa politique de coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) si l'Iran se voyait imposer une nouvelle résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies.

La République islamique "a mis en service plus de 3.000 centrifugeuses, et installe chaque semaine une nouvelle série" de 164 centrifugeuses, a dit le président.

Mais les chiffres de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) mettent en doute cette affirmation.

L'Agence a écrit dans son dernier rapport qu'à la date du 19 août, seulement 1.968 centrifugeuses étaient en opération et 656 autres étaient à des stades divers d'installation et d'essai.

Le seuil de 3.000 centrifugeuses est considéré comme symbolique. Il permet le cas échéant, et à condition de fonctionner de manière optimale, de produire en moins d'un an suffisamment d'uranium hautement enrichi pour fabriquer une bombe atomique.

Des diplomates occidentaux à Vienne, siège de l'AIEA, envisageaient avant l'été que l'Iran atteigne le cap de 3.000 centrifugeuses au plus tard à la fin juillet.

Mais dans son rapport en date du 30 août, l'agence a remarqué que l'Iran n'avait toujours pas atteint ce stade, et que ses activités effectives d'enrichissement étaient "bien inférieures" aux capacités théoriques de son installation de Natanz.

La déclaration de M. Ahmadinejad représente un défi au Conseil de sécurité des Nations Unies, qui a déjà infligé à l'Iran deux résolutions assorties de sanctions pour son refus de suspendre toute activité d'enrichissement.

Les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont indiqué qu'ils chercheraient à obtenir rapidement une nouvelle résolution contre l'Iran s'il refusait de se plier à cette exigence.

Mais le président iranien, qui n'est pour autant pas le seul à décider en la matière, a déclaré dimanche qu'"après chaque résolution, la nation iranienne a accompli un nouveau pas sur la voie du développement nucléaire".

Parallèlement, le porte-parole de la diplomatie iranienne Mohammad Ali Hosseini a rappelé ce même jour que "s'il y a une nouvelle résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, nous reconsidèrerons notre coopération avec l'AIEA, et nous étudierons différentes options".

Le responsable du dossier nucléaire iranien, Ali Larijani, avait déjà prévenu à la mi-août que la coopération entre l'agence et l'Iran serait rendue "stérile" si le Conseil de sécurité adoptait de nouvelles sanctions.

La déclaration de M. Hosseini intervient alors que Téhéran s'est engagé auprès de l'AIEA sur un plan de travail pour répondre aux questions de cette dernière sur son programme nucléaire d'ici à la fin de l'année au plus tard.

Le directeur de l'agence, Mohamed ElBaradei, a estimé samedi que cet exercice représentait une chance, "peut-être la dernière", pour l'Iran de mettre fin à son contentieux nucléaire avec la communauté internationale.

Il a toutefois jugé que Téhéran devait être "encouragé" à coopérer car des "sanctions seules n'apporteront aucune solution durable".

Le groupe des 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, avec l'Allemagne) a proposé l'an dernier un large programme de coopération à l'Iran, à condition qu'il suspende d'abord son enrichissement d'uranium.

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