Le tourisme sexuel, une industrie prospère au Maroc

“Grâce” à la misère

Pour combattre la pédophilie, il faut rappeler sans cesse la législation internationale en vigueur, informer et soutenir les populations vulnérables mais aussi sévir contre les tueurs d’innocence. L’État doit s’impliquer, politiquement et financièrement.

Une bourgade balnéaire au sud d’Agadir. Un touriste européen âgé d’une soixantaine d’années, vêtu d’un short kaki et d’une chemisette, chaussé de sandales marocaines marche tranquillement en adressant quelques mots, de temps en temps, à un jeune garçon d’une quinzaine d’année au plus qui marche à côté de lui. De temps en temps, le « touriste » passe une main dans les cheveux de son « compagnon ». Cela se passe en plein jour, et il faut être aveugle pour ne pas comprendre les raisons de leur promenade dans la rue principale du village. Les commerçants du village ne regardent même plus, les adultes et les vieillards sont dépassés par un mal qu’ils ne comprennent pas. Ils sont de toutes nationalités, ces touristes amateurs de chair prénubile.

Abus

Depuis 30 ans, les touristes ont acquis leur facilité de contact avec les enfants miséreux entre Tanger et Marrakech. Ils sont arrivés ici, maintenant. Il suffit à un touriste européen de faire cent mètres dans le centre ville, à Casablanca ou sur la Place Jamaâ Lefna de Marrakech pour qu’on lui propose tout un échantillon de produits destinés à procurer de l’extase à celui qui paie. «Cocaïne, haschisch, jolies filles ?».
Nous comptons parmi les pays qui comptent le plus d’enfants des rues, la misère peut même mener à l’abandon des enfants, le tissu social s’est fragilisé, les enfants ne savent plus comment ils vont se payer de quoi manger le lendemain, alors ils se laissent prendre dans les filets de négriers locaux. Comment peut-on en arriver à s’exhiber sans honte avec un ou plusieurs enfants transformés en objets ? Pour ne pas indisposer les touristes d’Europe, d’Amérique et du Golfe, on a laissé faire, on a toléré. Le Maroc a acquis une solide renommée de paradis sexuel où même les jeunes filles qui ont pu effectuer une scolarité normale se prostituent, elles représentent la seule source de revenu pour des familles entières. Et toute cette jeunesse mutilée n’a pas 16 ans. Alors le temps aidant, le laisser-faire et l’indifférence des pouvoirs publics ont jeté des marmots sur « le marché » du sexe, ces touristes dont la sexualité est pathologique peuvent ainsi faire leurs emplettes pour des soirées orgiaques. Personne ne semble y trouver à redire.
Quand un adulte abuse d’un enfant, il le traumatise à jamais. La gravité de l’abus sexuel est doublée par l’ascendant de l’adulte sur l’enfant.

Fléau

Pour le Dr Ismaïl Harakat, tout pédophile est un malade.
Il se trouve qu’en plus de nos pédophiles à nous, nous avons hérité des pédophiles des pays riches. Le Maroc, exotique et miséreux, est comme de nombreux pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, un paradis sexuel. Le niveau de vie de la population est si bas qu’un smicard européen peut tout se payer au Maroc, en Tunisie, en Égypte, en Thaïlande, au Sri Lanka, dans le sud de la Chine, en Birmanie, au Laos, au Cambodge, au Vietnam et au Népal. Ce sont les pays où un sexagénaire peut s’offrir non seulement toutes les fillettes qu’il veut mais aussi des garçonnets.
Le tourisme sexuel, massif et affiché, est un fléau spécifique des pays pauvres où se trouve la majorité des enfants prostitués.
D’où viennent les « clients », des États-Unis, de France, d’Allemagne, d’Angleterre et des pays du Golfe. Mais s’il y a « le pédophile occidental, qui voyage à seule fin d’avoir des relations sexuelles avec des enfants non-pubères, selon Agnès Fournier, chef du service de la traite des êtres humains à Interpol, il y a aussi les pédophiles locaux. Puis il y a des touristes qui ressemblent en tous points à des vrais touristes qu’on a du mal à les repérer, en effet, ces déviants peuvent souvent être de bons pères et de bons maris.
Ceux-là sont en quête de nouveaux plaisirs, de nouvelles sensations et ils font taire tous leurs éventuels scrupules, résistent un jour ou deux et descendent dans les quartiers réservés pour détruire psychologiquement des enfants innocents.
Détruire une personnalité confiante, fragile et sans défense est un crime contre l’humanité. Les spots télévisés sur la prévention de la pédophilie sont la preuve qu’il suffit de volonté pour que la société prenne conscience du malheur qui la frappe pour commencer à en parler.

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