Les cahiers de l'émergence : Agadir parie sur un rebond rapide

· Les opérateurs restent confiants malgré la baisse d’activité
· La pénurie de l’eau, principale menace pour le développement régional

Les cahiers de l'émergence : Agadir parie sur un rebond rapide

Agriculture d’exportation, pêche, tourisme, industrie…. La ville d’Agadir, deuxième pôle économique du Royaume, bénéficie en effet de fortes potentialités et d’importants atouts. Ses richesses halieutiques et son pôle agricole font de la région l’incontestable pilier de l’export. Par ailleurs, les agrumes et les primeurs assurent plus de la moitié des exportations du pays.
Il y a aussi le secteur du tourisme, colonne vertébrale de l’économie régionale. En attendant la montée en puissance de Saïdia et l’ouverture de Mazagan à l’automne, Agadir reste par la taille critique de son offre l’unique station balnéaire que le Maroc vend sur le marché international des vacances. La station continue à disputer la première place touristique du pays à Marrakech. Le tourisme encaisse de plein fouet le reflux de la demande internationale due à la détérioration de la situation économique dans les marchés émetteurs européens. Les professionnels sur place, qui se gardent de toute autocritique, estiment que c’est tout un faisceau de facteurs qui explique la situation actuelle. Entre 20 à 25% du parc hôtelier seraient non commercialisables et nécessitent une mise à niveau urgente. Même pour le plus aguerri des opérateurs, il est impossible de vendre un produit invendable. Par ailleurs, la station souffre d’une certaine obsolescence faute de ne s’être pas renouvelée face à la concurrence, et de ne n’avoir pas su densifier ses ressources en promotion. Ceci étant, la région garde de l’attractivité auprès des investisseurs. Dans le tourisme, les grands groupes marocains et internationaux parient sur le développement de l’activité dans la station. En matière industrielle, Ciments du Maroc y construit actuellement une des plus grandes unités du Royaume. La mise est de 3 milliards de dirhams.
Au-delà de ces potentialités, la ville et sa région disposent d’une autre richesse, non quantifiable, qui consiste en son capital humain. Jamais l’aphorisme «Il n’est de richesses que d’hommes» de Jean Bodin, le théoricien politique français, n’a été aussi bien illustré. Ce sont, en effet, les hommes de cette zone qui ont fait, à force de travail depuis des décennies, ce que sont devenues cette ville et sa région. Mais aujourd’hui, ces hommes attendent plus d’attention et de soutien des pouvoirs publics.
Le secteur de la pêche, promis depuis des années à une restructuration, attend un énième plan. S’il reste un moteur à l’export, ce secteur a néanmoins besoin d’un assainissement en profondeur, concèdent unanimement les opérateurs qui sont, du reste, demandeurs. Mais les décisions en la matière sont politiquement difficiles. Réduire la voilure de la flotte exige une certaine volonté politique. A Agadir, les professionnels de la pêche veulent bien croire que cette fois-ci sera la bonne. Baisse des cours du poisson sur les marchés extérieurs, entreprises en situation difficile, flotte vétuste, le tableau des contraintes n’a pas changé.
De son côté, l’industrie de la conserve est marquée par un déficit de matières premières. A en croire les industriels, le développement à l’international est entravé par des procédures trop lourdes et trop complexes à l’export.
En outre, l’agriculture d’exportation est confrontée plus que tout autre secteur aux rapports difficiles avec l’Union européenne et notamment aux dispositions mises en place, à savoir le contingentement des exportations de tomates, produit phare de la région. Le secteur agricole est aussi freiné dans son expansion par la rareté de l’eau d’irrigation.
Et dans ce contexte, la région ne pourra pas faire l’économie du dessalement d’eau de mer. Ceci, surtout que le développement de toute l’activité économique de la zone repose sur cette denrée rare. En effet, la pérennité de l’agriculture, comme de l’agroalimentaire et du tourisme, pourrait être en danger en cas de stress hydrique.
De leur côté, certaines activités de commerce, comme les bazaristes, ou encore la filière de l’industrie du cuir, ont besoin de restructuration pour se maintenir et se développer.
Malgré ces aléas marquants de la zone, il apparaît qu’Agadir et sa région resteNT un gisement d’investissement. En dépit de la crise actuelle, les promoteurs continuent à croire en l’avenir promoteur de la destination.
Le dynamisme des leaders de la communauté d’affaires dans la région y ait sûrement pour quelque chose. Ces derniers en tout cas ne baissent pas les bras même en ces temps de crise. Il suffit donc d’un coup de pouce de l’Etat pour qu’ils continuent à donner le meilleur d’eux-mêmes. Une implication plus forte des institutionnels est en effet indispensable car l’analyse du processus de développement au niveau de l’agglomération d’Agadir met en exergue un dynamisme exceptionnel en termes d’accroissement de la population. Cet indicateur dépasse largement la moyenne urbaine nationale (3,6%), avec plus de 25.000 nouveaux urbains annuels dans l’agglomération.

La région en chiffres


D’une superficie de 2.297 km², la préfecture d’Agadir Ida Outanane est le chef-lieu de la région Souss-Massa-Draâ qui s’étend sur 72.506 km², soit 10,3% du territoire national. Cette zone recèle un secteur agricole qui représente 13% du PIB régional, soit 5,3 milliards de DH. Le secteur du tourisme, pour sa part, occupe 20% du PIB régional avec 7 milliards de DH. Les activités annexes représentent un PIB de 15 milliards de DH. La pêche, de son côté, occupe 6% du PIB régional avec 1,8 milliard de DH. L’industrie enfin enregistre un PIB régional de 6% avec 2,4 milliards de DH. En raison de l’importance de l’activité économique, le taux de chômage est bas comparativement aux autres régions du Royaume, il n’en reste pas moins autour de 10% en raison de l’important exode rural et le déplacement des populations des autres régions vers le Souss à la recherche de travail.



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