Les NTIC font leur entrée dans l'enseignement

L'intégration des nouvelles technologies de l'information et de la communication dans l'enseignement s'inscrit dans le cadre général de la réforme du système éducatif pour Maroc.

L'intégration des NTIC dans l'enseignement est une option dictée par l'obligation de suivre l'évolution de la société en contact avec un monde qui connaît des mutations aussi rapides que profondes dans les domaines économique, technologique et politique.

En effet, la Charte nationale d'éducation et de formation a défini des principes fondamentaux d'orientation dans ce sens. La COSEF a consacré dans la Charte le levier 10 et trois articles (articles 119,120 et 121) et recommande aux autorités d'éducation et de formation l'utilisation de ces technologies, essentiellement en matière de formation continue (article 119) et d'équipement des établissements en matériels informatiques.

Nous sommes pratiquement à la huitième année d'efforts et d'investissement, et pourtant, ce qui est dit et ce qui est écrit sur l'intégration de ces moyens en classe au Maroc, et peut-être ailleurs, n'a pas changé. On remarque toujours l'existence d'un nombre restreint d'initiés enthousiastes, qui exploitent ces technologies de l'information et de la communication avec leurs élèves, un grand nombre d'enseignants dans l'expectative, attendant qu'on leur fasse la preuve de l'efficacité pédagogique et de l'accessibilité de ces outils et une minorité de "réfractaires" qui n'y croient pas.

Nous nous retrouvons donc face à une panoplie d'obstacles de tous ordres (matériel, organisationnel, manque de compétence, d'expériences et d'implication) qui se cumulent pour freiner la diffusion des pratiques faisant appel à la technologie. Pourtant, avec la réforme des contenus et des méthodologies privilégiant l'approche constructiviste, le décloisonnement disciplinaire et l'utilisation des technologies de l'information, pratiquement "toute donnée, toute information, toute banque de ressources, tout document accessible sous format imprimé (manuel scolaire, livre de lecture, article, journalistique ou magazine,...) ou numérique (cassette audio, vidéo, disquette, le CD-ROM, DVD, pages Internet) puisse servir de matériel pédagogique pour l'apprentissage. Tous ces documents pouvant être considérés comme des ressources d'enseignement et d'apprentissage, il devient donc nécessaire de les indexer selon leur nature et leurs utilisations pour les classer, les partager, les retrouver et les réutiliser..." (Robert Bibeau, Introduction, les TIC à l'école, proposition de taxonomie).

Pour pouvoir exploiter cette technologie à bon escient, il ne faudrait pas dissocier les moyens utilisés des objectifs dictés par les contenus et des programmes. Au contraire, il faudrait prendre en considération les particularités de l'environnement pédagogique susceptible de faciliter l'intégration réussie des nouvelles technologies. Ajoutez à cela la mise des élèves en situation de projet et de recherche.

Notre propos ici n'est pas de décourager les enseignants ni les décideurs par l'énumération de ces obstacles, mais tout simplement de dresser l'état actuel de notre système éducatif quant à ce côté technologique. En contrepartie, dans cette entreprise, il semble que les collèges s'emparent de la part du lion. En effet, de grands efforts ont été entrepris dans cette étape charnière entre le primaire et secondaire. Le collège devient effectivement un lieu convoité par les organismes nationaux ou internationaux dans le cadre des partenariats que connaît le Maroc avec par exemple les projets A.L.E.F. et G.E.N.I.E, etc. Ils visent à équiper les établissements ciblés en matériel informatique en créant des salles multimédias et en formant le personnel professoral et en initiant les utilisateurs aux moyens d'information et de communication,que ce soit en présentiel ou par le moyen de la formation à distance. Pour ne pas rester au stade de l'expérimentation, il faudrait encourager toutes les initiatives pour généraliser ses expériences dans les autres cycles de l'enseignement.

Parmi les différents facteurs susceptibles de dépasser les obstacles cités, il faudrait plus d'implication de la part des chefs d'établissement pour soutenir régulièrement les enseignants dans leurs actions à intégrer les NTIC, favoriser un climat d'entente entre les enseignants( leaders) capables d'entraîner et de soutenir et les collègues moins expérimentés, créer une dynamique du travail d'équipe et la mise en place des projets collectifs et enfin l'implication des communes et des municipalités résultant de concertation avec les associations des parents et des équipes pédagogiques.

Au niveau institutionnel, on pourrait créer des correspondants et animateurs spécialisés dans les NTIC qui assureraient le relais entre l'équipe académique et les établissements. Ce n'est que de cette manière qu'on peut atteindre une remontée des actions des expériences et des innovations entreprises dans les établissements vers les équipes académiques et inversement retransmettre aux établissements des orientations académiques.

1 commentaires pour cet article
  1. Le 2010-05-11 à 00:59:35 par Imane

    Trés bon article. Merci bien.Si c'est possible on voudrait avoir les statistiques actuelles du systéme éducatif marocain ,est ce qu'il a évolué atravers l'intégration des nouvelles technologies d'information et de communication ou ce ne sont que des promesses et rien ne s'est établit jusqu'à présent?


Réagissez !






Les champs marqués avec une étoile () sont obligatoires!

Haut de la page