L'Italie tourne mardi la page Berlusconi avec la démission de l'homme d'affaires qui a dirigé l'Italie pendant cinq ans, mais les conditions de l'installation de la nouvelle majorité de gauche au Parlement laissent un goût amer aux Italiens.

 L'Italie tourne mardi la page Berlusconi avec la démission de l'homme d'affaires qui a dirigé l'Italie pendant cinq ans, mais les conditions de l'installation de la nouvelle majorité de gauche au Parlement laissent un goût amer aux Italiens. Après l'élection des deux présidents de chambre samedi, le communiste Fausto Bertinotti pour les députés et le centriste de gauche Franco Marini au Sénat, Silvio Berlusconi n'avait d'autre choix que de laisser la place.

Il a annoncé qu'il remettrait mardi sa démission au président de la République, Carlo Azeglio Ciampi, et celui-ci pourrait dans la foulée charger Romano Prodi de constituer un nouveau gouvernement.

Dans les faits, la transition politique est donc en route. Mais les journaux italiens relevaient dimanche que le chef de la droite, qui accepte mal sa défaite aux législatives des 9 et 10 avril, jouait encore une fois la montre, dans une stratégie de pourrissement de climat politique qu'il a adoptée depuis trois semaines.

Au lieu de démissionner dés samedi, comme l'aurait voulu la coutume, "il s'accroche comme le lierre à son siège jusqu'à mardi", s'indignait l'éditorialiste de la Repubblica (gauche) Eugenio Scalfari.

Silvio Berlusconi avait d'abord contesté la victoire de la gauche dans les urnes, puis assuré qu'elle n'aurait jamais la majorité au Sénat. Il a maintenant ouvert une nouvelle polémique en contestant la légalité du calendrier politique souhaité par la nouvelle majorité.

La gauche espère en effet que le président Ciampi, dont le mandat expire le 18 mai, chargera lui-même Romano Prodi de constituer le gouvernement, qui ira ensuite demander la confiance au Parlement. Mais Silvio Berlusconi affirme que cette décision revient au futur chef de l'Etat qui doit être élu par le parlement.

Une plage d'une quinzaine de jours sépare les deux scénarios, soit deux nouvelles semaines de vacance du pouvoir dans un pays confronté à des défis économiques relevés par toutes les instances internationales.

La droite a par ailleurs commencé à faire circuler les noms de possibles présidentiables, tous de son camp, une manière de garder l'initiative du débat politique face à une coalition de gauche qui cherche encore ses marques.

Les journaux n'ont d'ailleurs pas épargné la nouvelle majorité. Le comportement de Silvio Berlusconi "n'excuse pas le style", teinté "d'arrogance", avec lequel elle a imposé ses candidats au Parlement, selon le Corriere della Sera.

Et le journal rappelle que la "minuscule majorité au Sénat", où la gauche a deux voix de plus que la droite, va mettre le futur gouvernement à la merci "des pièges et des embuscades" de toutes sortes.

Les Italiens, qui ont massivement voté (à 84%) aux législatives, ont suivi avec passion les épisodes des élections des présidents de chambre : à une heure du matin samedi, ils étaient encore 3,5 millions à suivre le vote au Sénat.

Si le comportement de Silvio Berlusconi alimente l'amertume des électeurs de droite, le "peuple de gauche", qui avait tant espéré la fin de l'ère Berlusconi, se sent lui, un peu frustré de sa victoire.

Depuis la folle nuit du 11 au 12 avril où plus personne ne savait qui avait remporté les élections, il attend encore une occasion de fêter dans la rue le retour de la gauche aux affaires.

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