L’UE installe des observateurs à Tindouf pour contrôler l'aide humanitaire

Le déblocage de l'aide humanitaire décidé dernièrement par la Commission européenne sera accompagné par l’installation à Tindouf d’observateurs internationaux. L'objectif est de lutter contre le détournement par le Polisario des fonds destinés aux populations des camps.

Le déblocage d'une aide humanitaire de 10 millions d’euros destinée par la Commission européenne aux populations des camps de Tindouf sera accompagné par le déploiement d'un groupe d'observateurs internationaux, dont des fonctionnaires onusiens. Selon des sources informées, cette décision a été prise par la Commission européenne qui en a informé récemment aussi bien les autorités algériennes que la direction du Polisario pour éviter tout détournement ou mauvaise gestion de ces fonds.
Selon les mêmes sources, la Commission européenne s'est basée dans sa décision sur des rapports faisant état de détournements et de mauvaise gestion des aides humanitaires et notamment de denrées alimentaires de première nécessité qui se retrouvent en vente aussi bien sur les marchés algériens qu'en Mauritanie. Sans parler de plusieurs rapports, dont certains avaient été établis par des organismes internationaux, faisant du sort réservé aux aides humanitaires.
En effet, le soi-disant "Croissant- Rouge sahraoui" n'est pas reconnu en tant qu'intermédiaire des organisations internationales alors que le CRA (Croissant-Rouge algérien) a été sanctionné dernièrement par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour ne pas avoir réuni, dans les délais réglementaires, ses instances de décision.
La Commission européenne avait pris la décision d'allouer 10 millions d’euros d'aides humanitaires et ce à la veille du deuxième round des négociations directes entre le Maroc et le Polisario, les 10 et 11 août derniers à Manhasset.
La veille du premier round, une mesure similaire avait été prise par les Etats-Unis qui avaient annoncé le déblocage d'une aide humanitaire de la valeur de 1 million de dollars dont la coordination avait été confiée au PAM (Programme alimentaire mondial).
La nouvelle aide décidée par la Commission européenne pour les populations de Tindouf est ventilée en deux rubriques. Un montant global de 5 millions d’euros sera ainsi réservé à l'amélioration des conditions de vie de ces populations et notamment pour ce qui est de l'accès aux soins de santé, à l'eau potable et à l'assainissement liquide. Des prestations inexistantes dans les mouroirs du désert algérien sauf dans le camp dit "Dakhla" où les populations ont accès à l'eau potable de mauvaise qualité servie par un réseau vétuste de distribution.
La deuxième partie de cette aide, de cinq millions d’euros également, est destinée à financer les besoins en nourriture de base, mais aussi la fourniture de produits frais et de protéines pendant le mois de Ramadan.
En 2006, le Polisario s'en était violemment pris aussi bien au HCR (Haut commissariat aux réfugiés) qu'au PAM (Programme alimentaire mondial) les accusant de faillir à leurs responsabilités. Ces deux organismes avaient estimé, pour leur part, que ni les autorités algériennes ni la direction du Polisario n'avaient consenti à autoriser un recensement des populations concernées s'en tenant au chiffre jugé amplement exagéré de 160.000 personnes dépendant totalement de l'aide humanitaire internationale.
Depuis 1993, la Commission européenne, à elle seule, avait octroyé des aides humanitaires d'une valeur globale de 133 millions d’euros aux populations des camps de Tindouf.

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