Mondialisation : Le Maroc rate ses chances


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Le Maroc a-t-il su saisir les opportunités qu’offre la mondialisation ? Les difficultés sont à la hauteur du potentiel, mettant ainsi en exergue la complexité du passage à une économie libérale pour un pays émergent. Avec une croissance de 5,8% en 2006, de nombreux chantiers nationaux comme internationaux, la mise en vigueur des Accords de libre-échange (ALE), une jeunesse qui représente plus de la moitié de la population active… le Royaume chérifien semble enfin doté de la volonté politique et des investissements nécessaires à passer le pas.


Mais c’est sans compter les nombreux problèmes inhérents à son système (corruption, mal-formation et information, judiciaire défaillant…), et ceux infligés par les revers de la mondialisation (manque de compétitivité, rapports déséquilibrés dans les échanges).

C’est d’abord au niveau de sa balance commerciale que l’ouverture d’un pays se mesure. Au Maroc, le secteur des exportations demeure encore sous-exploité. Selon les chiffres du Conseil national du commerce extérieur, le taux d’exportation est passé de 19,8% en 2004 à seulement 20,6% en 2005. Une faible performance, surtout si on le compare à la croissance des exportations d’autres pays arabes, comme les Emirats arabes unis ou l’Egypte qui ont atteint respectivement 32,7% et 19,4% pour la période 2001-2005. Le taux des importations a, quant à lui, augmenté de 35,6% en 2004 à 39,4% en 2005.

Les ventes marocaines aux pays arabes demeurent donc faibles, malgré les ALE : près de 4 milliards de DH en 2006 contre une valeur des achats d’un peu plus de 22 milliards. Certes, près de 14 milliards ont bénéficié aux importations en provenance de l’Arabie saoudite et doivent être comptabilisés au titre des achats des produits pétroliers. A déduire également quatre autres milliards dépensés la même année pour l’achat du gaz de pétrole algérien. Il n’en demeure pas moins que le déficit se creuse d’année en année. Il est environ de 50% avec les pays signataires du Quadra (Jordanie, Tunisie, Egypte) et reste loin de compenser 25% des importations en provenance des pays arabes de la zone de libre-échange. Au niveau des pays de l’UMA (Union du Maghreb Arabe), les exportations marocaines couvrent moins du tiers des importations.

Taux de change pénalisant

Pour booster ses exportations, le Maroc doit donc optimiser l’utilisation d’un outil clé, son taux de change. Le rapport de la Cnuced explique à ce sujet que « ni le recours à des mécanismes de contrôle ni la solution de l’intervention permanente ne peuvent remplacer un bon régime de taux de change au niveau régional, ou encore mieux, au niveau mondial ». Mais dans la zone Maghreb et Afrique, il n’existe encore aucune organisation d’autorité capable de répondre à ce besoin, l’Union du Maghreb Arabe n’ayant jamais été réalisée.

Ce manque d’unité au niveau régional comme continental est un autre handicap majeur dans le rapport de force à l’échelle mondiale. Dans un contexte de mondialisation galopante, un pays ne peut s’imposer seul, et le Maroc comme ses voisins sont les premiers à en pâtir lors des négociations internationales avec des partenaires organisés.

Retards dans l’application pratique des traités, harmonisations législatives qui traînent, mésententes politiques, problèmes de compétitivité… les justifications au difficile apprentissage de l’ouverture ne manquent pas.

Après avoir été signé en 2001, l’ALE avec les Etats-Unis n’est entré en vigueur que 4 années plus tard, les premiers contrats-programmes datant de 2005. Le bilan est mitigé, surtout que les valeurs réalisées dégagent toujours un déficit au détriment de la balance marocaine. Après avoir marqué une hausse record de 50% la première année, les exportations des produits marocains vers les Etats-Unis s’inscrivent en baisse tendancielle.

De 3,4 milliards de dirhams en 2004, elles sont tombées à 2,09 milliards en 2006, cédant 30%. Le bilan des exportations révèle un déficit de 27 milliards de dirhams pour une valeur de 81,2 milliards de dirhams en 2006 contre 59,3 milliards de dirhams en 2000. Parallèlement, les importations ont marqué un bond d’environ 50% en 2006 après une légère baisse en 2005. Elles passent ainsi de 6,10 à 9,13 milliards de dirhams, d’un exercice à l’autre.

Dans le cadre d’accords régionaux, le Maroc, la Tunisie, l’Egypte et la Jordanie se distinguent avec les accords d’Agadir signés en 2004, semant les premières graines d’un vaste espace de libre-échange dans le monde arabe.

L’Union européenne, le premier partenaire commercial du Maroc, a investi 4 millions d’euros pour accompagner ce projet. Mais son application sur le terrain est largement retardée. Paraphé en 2001, il n’est signé qu’en 2004. Et même si l’entrée en vigueur fut annoncée en 2006, il n’aura été réellement effectif qu’en mars 2007.

Bilan mitigé pour les ALE

Du côté marocain, l’accord d’Agadir n’est pas entièrement consommé. Pourtant, les perspectives pour les exportateurs marocains sont importantes, notamment dans le textile et l’automobile avec la Logan. Mais des conditions se piétinent et créent un conflit dans les ALE, notamment une clause de préférence dans l’ALE avec les Etats-Unis selon laquelle ces derniers pourraient profiter de tout avantage commercial accordé à un pays arabe. Appliquer cette clause à certains produits agricoles, comme les céréales, exposerait la production locale à une concurrence exacerbée et non maîtrisée. Les négociations sont encore en cours.

Autre ALE, autre souci. Celui signé avec les Emirats arabes unis est un casse-tête encore en cours, notamment à cause d’un problème qui a trait à la zone franche de Jbel Ali se trouvant être exclue de l’accord. Cependant, les Emirats arabes unis l’utilisent pour l’importation de produits indiens et chinois, qu’ils emballent sous appellation « made in Emirats », et qu’ils réexportent vers les pays partenaires comme le Maroc à des prix imbattables. Un manque à gagner important, particulièrement pour le secteur de la biscuiterie marocaine qui en a largement pâti. Si pour l’instant les mondes arabe et occidental restent les premiers partenaires commerciaux du Maroc, le continent africain semble offrir encore de meilleures perspectives.

Lors du 7e round de négociations tenu en juillet 2006 au Burkina Faso, le Maroc avait exprimé sa volonté de parvenir à un accord de partenariat équilibré qui servirait de signal fort pour une coopération Sud-Sud mutuellement avantageuse. Un accord commercial et d’investissement paraphé en 2002 doit entrer en vigueur aussitôt les problèmes d’harmonisation tarifaire résolus.

Une masse à faire si l’on considère que les 8 pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo), avec qui le Maroc veut passer l’accord, doivent au préalable s’entendre sur la suppression de leur tarif douanier commun, appelé « tarif extérieur commun » (TEC), défavorable aux entreprises marocaines. Cette zone économique de l’Afrique de l’Ouest qui a en commun le franc CFA représente un marché de plus de 70 millions d’habitants. Dans le cas du Sénégal, même s’ils ont progressé de 40 à 50% durant les cinq dernières années pour atteindre 52 millions de dollars en 2005, les échanges commerciaux entre le Maroc et ce pays sont promis à un bel avenir avec l’entrée en vigueur prochain de cet accord commercial et d’investissement avec l’UEMOA.

Mais en général, l’Afrique profite depuis 5 ans d’un environnement mondial favorable pour ses principales exportations, une réduction de l’encours de la dette publique extérieure, dans le cadre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés, et un accroissement des entrées d’Investissements directs à l’étranger (IDE). Cette croissance économique a été largement répartie dans la région puisque 26 économies ont enregistré un taux de croissance de leur PIB d’au moins 5% en 2005, selon les estimations récentes du FMI (voir graphique ci-dessus).

Les ALE, plus bénéfiques aux pays développés ?

Le nombre d’accords commerciaux notifiés au GATT puis à l’OMC est passé de 20 en 1990 à 86 en 2000, et à 159 en 2007. Depuis 20 ans, ce sont surtout des accords bilatéraux, souvent conclus entre pays en développement et pays développés. Mais dans ce type d’accord, le pouvoir de négociation des PVD est nettement plus faible que le riche partenaire. En plus des fortes pressions exercées par les lobbies nationaux, il faut ajouter, dans le cas des Etats-Unis, les restrictions imposées par la législation, et dans le cas de l’Union européenne, la complexité des mécanismes de gouvernance et des procédures de décision. C’est pour de telles raisons que les pays développés ont par exemple du mal à consentir à faire un sujet de négociation la réduction ou l’élimination des subventions agricoles. La partie en développement se voit donc privée de ce qui serait peut-être son meilleur débouché sur le marché des grands pays développés.

Le paradoxe des NTI

Identifier les nouveaux viviers de croissance ne suffit pas.
Il est vrai que le Royaume a su profiter de la révolution numérique, se plaçant en pole position des pays connectés et portabilités sur le continent africain. Mais aujourd’hui, les chantiers de demain se situent plutôt dans le nucléaire, le spatial et l’aéronautique.

Certes, le pays n’a pas encore atteint un stade de développement capable d’assurer la matière grise et le financement nécessaire pour amorcer ces nouvelles révolutions. Mais ne serait-il pas temps de palier ces problèmes banalisés. Pour exemple, les Chinois et les Indiens forment 300.000 à 400.000 ingénieurs par an et consacrent de nombreux crédits à la recherche. Le Maroc peut aussi choisir de miser sur sa jeunesse nombreuse et capable. Autre défi posé par la mondialisation, la modernisation du secteur agricole ? Le moderniser, l’adapter aux nouvelles consommations sont autant investissements au potentiel encore curieusement ignoré. Pourtant, avec l’avènement de 9 milliards d’habitants sur la planète, la demande de nourriture ne va pas cesser de croître.

Dans ce contexte, le potentiel des terres agricoles marocaines a largement de quoi se distinguer pour la qualité de son offre. Mais aujourd’hui, l’agriculture reste le parent pauvre de l’économie nationale, pénalisant même les objectifs de croissance du pays pour l’année 2007 (voir nos chiffres et analyses. Elle doit ambitionner de se transformer en un secteur de haute technologie animé de plus en plus par de jeunes managers agricoles, que viendrait compléter une petite agriculture à vocation écologique et territoriale.


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