Pêche: Le détail du plan Halieutis

· Durabilité, performance, compétitivité, trois axes majeurs
· Seize projets structurants
· Objectif: tripler le PIB du secteur d’ici 2020

Pêche: Le détail du plan Halieutis

C’EST parti pour le plan Halieutis! La nouvelle stratégie de développement intégré du secteur halieutique au Maroc a été présentée à SM le Roi Mohammed VI, hier à Agadir, par Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime. C’était à l’ouverture des travaux du Conseil supérieur halieutique, en présence d’un riche parterre d’institutionnels et de professionnels de la filière.
Composée de trois axes majeurs, la nouvelle vision sectorielle s’appuie sur trois mots clés, à savoir durabilité, performance et compétitivité. Pour les concepteurs de la stratégie, il s’agit à travers l’aspect de durabilité d’assurer la pérennité de la ressource pour les générations futures mais aussi de procurer de la visibilité aux acteurs économiques pour investir.
D’un autre côté, il est question de faire des marins les premiers acteurs d’une pêche responsable. Les détails.

· Renforcer la compétitivité


La nouvelle stratégie vise une réorganisation du secteur pour assurer les conditions optimales sur toute la chaîne de traitement du produit, c’est-à-dire de son débarquement à sa commercialisation.
Il s’agit par là de mettre sur les marchés un produit compétitif et bien valorisé. Mais également assurer à l’industrie nationale de la conserve la régularité de l’approvisionnement d’une matière première de qualité organoleptique de premier choix. De manière à conquérir des parts de marché tant au niveau national que mondial.

· Réaménager les pêcheries


Pour une meilleure valorisation du patrimoine halieutique, la nouvelle feuille de route du secteur a arrêté 16 projets structurants à mettre en œuvre.
Les quatre premiers s’articulent autour de la durabilité de la ressource. Dans cet objectif, il est question d’aménager les pêcheries sur la base de quotas «pour atteindre un rendement maximal durable pour 95% des ressources débarquées (contre 5% aujourd’hui)». Par ailleurs, il s’agit aussi de renforcer et partager la connaissance scientifique. Dans ce contexte, il est prévu d’agir à plusieurs niveaux, à savoir tout d’abord faire un inventaire et un suivi précis de toutes les ressources halieutiques. De même, il est question d’élaborer une nomenclature homogène des différentes espèces et développer un système d’information halieutique intégré sans oublier de mettre l’accent sur la collaboration avec les partenaires de pêche du Royaume.

· Reconstitution de stocks et développement de l’aquaculture


Toujours en faveur de la durabilité de la ressource, des actions seront mises en œuvre pour adapter et moderniser l’effort de pêche.
L’objectif est de permettre la reconstitution des stocks mais aussi stabiliser le seuil de rentabilité des navires à 10% au minimum.
Toujours dans le même souci de modernisation il est question d’équiper 100% des navires de cales réfrigérées et d’améliorer les conditions de travail et de vie des marins pêcheurs.
Le quatrième projet enfin, en faveur d’une ressource durable, consiste en le développement de l’aquaculture pour en faire un moteur de croissance majeur.
L’objectif est d’atteindre une production aquacole significative au vue du potentiel marocain. Ceci de manière à dépasser pour ce segment du secteur les 2 milliards de DH en 2020.

· Maîtriser la traçabilité


Parmi les projets retenus, il y a lieu de citer notamment le développement des infrastructures et équipements de débarquement.
Un des objectifs majeurs de la démarche est de réduire l’informel en améliorant les conditions de travail des contrôleurs.
L’axe de la performance passera également par la mise en place d’espaces portuaires dédiés à la pêche accompagnée d’une gestion efficiente. Ceci de manière à assurer une maîtrise de la traçabilité des produits dans l’enceinte portuaire. Par ailleurs, il est question de renforcer l’attractivité des halles à marée.
Dans ce contexte, il est prévu, d’une part, d’introduire davantage de concurrence et de transparence dans les mécanismes de prix. D’un autre côté, il s’agit de définir une grille plus large d’évaluation de la qualité.
Toujours en vue de plus de performance, un projet de structuration et de dynamisation du marché intérieur autour des marchés de gros et de détail est à l’ordre du jour. Objectif: faire du poisson un aliment plus accessible à l’ensemble de la population. Il s’agit enfin de garantir aux consommateurs la sécurité sanitaire des produits de la mer.

· Matières premières: faciliter l’accès


Pour un secteur plus compétitif, les projets à entreprendre, retenus dans le cadre de la nouvelle stratégie, consistent en la mise en œuvre d’actions pour faciliter l’accès des industriels aux matières premières.
Pour ce faire, il est question de créer des pôles de compétitivité à travers le Royaume pour améliorer la valorisation des produits. Par ailleurs, il s’agit d’augmenter le taux d’utilisation des capacités de production et d’élargir la gamme des produits disponibles sur le marché marocain. D’un autre côté, l’on prévoit de soutenir l’introduction des industriels sur les marchés les plus porteurs.
L’objectif est d’augmenter la part de marché mondiale du Maroc sur les produits de la mer pour passer de 3,3% aujourd’hui à 5,4% en 2020. Mais aussi d’être leader mondial sur tous les produits issus de la sardine.
De fait, d’une manière globale, l’objectif premier de ce plan d’envergure est de tripler le PIB du secteur halieutique d’ici 2020. C’est dire combien les ambitions du plan Halieutis sont grandes. Il ne reste plus qu’à se mettre sérieusement au travail. La feuille de route est, enfin, toute tracée.

· Réduire l’informel


Pour encadrer le secteur, cinq actions transversales sur les 16 projets structurants sont à mettre en œuvre. Il s’agit tout d’abord de clarifier et compléter le dispositif juridique de manière à définir concrètement les rôles et responsabilités de chaque intervenant.
L’objectif également à travers la démarche est de réduire l’informel et garantir la traçabilité des produits. Sur ce plan, toute la chaîne des valeurs est concernée. De même, il s’agit à ce niveau de développer un système de contrôle intégré. Par ailleurs, il est question dans le cadre des actions transversales de renforcer les compétences et d’améliorer l’attractivité des métiers. De manière à assurer les besoins en main- d’œuvre en amont et en aval de la filière. Cela passe aussi par l’amélioration des conditions de vie et de travail des marins pêcheurs.

· Gouvernance: Organiser la représentation


Sur le plan institutionnel, le projet retenu vise à mettre en place une gouvernance publique forte pour moderniser le secteur.
L’objectif à terme est d’élaborer un système de gouvernance permettant un transfert de pouvoir graduel aux régions et au secteur privé. Parallèlement, il s’agit d’organiser la représentation professionnelle et d’encourager une interprofession. Ceci de manière à fédérer les opérateurs autour des décisions clés pour la gestion et le développement du secteur ainsi qu’établir un dialogue transparent et efficace entre le gouvernement et les professionnels du secteur.

· Centre de valorisation


Le plan Halieutis repose aussi sur la mise en place de cinq outils clés. Il s’agit d’une part de constituer un comité national de la pêche ainsi qu’un fonds pour l’ajustement et la modernisation de l’effort de pêche. D’un autre côté, il est question de mettre en place une agence nationale pour le développement de l’aquaculture ainsi qu’un centre de valorisation des produits de la mer. Enfin, la constitution d’un observatoire de l’emploi du secteur halieutique est aussi envisagée.

· 21 milliards de DH du PIB


Outre atteindre un PIB de près de 21 milliards de DH à l’horizon 2020, la stratégie Halieutis a pour ambition de passer, à la même échéance, de 61.650 emplois actuellement à 115.000. Au niveau des emplois indirects, il s’agit d’atteindre le nombre de 510.200. Par ailleurs, il est question de réduire de moitié le poids de l’informel pour le ramener à 15% du chiffre d’affaires du secteur.
Sur le plan exportations de produits de la mer, il s’agit de multiplier par 2,6 le chiffre d’affaires pour atteindre plus de 3,1 milliards de DH. Quant à la production halieutique, l’objectif visé est de dépasser en 2020, 1,6 million de tonnes. Parallèlement, il s’agit de booster la consommation de poisson au Maroc pour atteindre 16 kg par habitant annuellement. Actuellement la consommation est entre 10 à 12 kg par habitant par an.



3 commentaires pour cet article
  1. Le 2011-02-15 à 01:26:07 par barkouch

    salut,oui d accord pour la valorisation du produit de la mer,oui pour le dévelepement du secteur de la peche,oui pour tous ce que nous gouverneur voient que ca va faire du bien au secteur,mais il faut pas annuler les professionel et leurs avis,dans ce que vous envisagez de faire,car au cas contraire rien va marcher,donc je reviens pour les caisses unies,je trouve que pour les sardiniers ca va pas,car c est pas les caisses qui vont donner la qualité aux sardines,peut etre meme le contraire,sardine mis en bois dans un puit bien aeerer va etre mieux que dans des caisses,en plus c est chere un dirhame par caisse c est bcp,car moi je vais prendre 1000 caisse ca veut dire que je vais donner 1OOOdh pour chaque vente,ce qui fait dans une anné 1000DH FOIS &150J egales MINIMUM DE 150000dh que pour les caisses, et si je fais du mariyage en plus ca veut dire fois deux c est cher


  2. Le 2011-07-20 à 17:29:57 par HOUBBAD

    Salut a tous les gens de la domaine des peches maritmes surtout les lauréats de l'ISPM D'AGADIR


  3. Le 2011-12-28 à 18:53:26 par habib

    S.O.S la cote mediterrane elle est entrain de mourir. la cause c est la corrupcion de surveillant de la cote . il n ont pas la volonte d evite la peche destructive sur de profondeur interdite . SI on continue sur cette ligne , dans quelques anne notre mer servera seulemment pour nager


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