Portrait : Youssou N'Dour, l'«étoile de Dakar»

Un artiste accompli qui a plus d'une corde à son arc Son spectacle qui a marqué l'ouverture du festival Timitar à Agadir a attiré plus de 80.000 spectateurs. C'est la star de la musique africaine, Youssou N'Dour, un artiste accompli qui a plus d'une flèche à son arc.

Portrait : Youssou N\'Dour, l\'«étoile de Dakar»

    Connu pour son grand engagement pour les causes de l'Afrique, il est également apprécié pour sa musique créative, ses sorties intelligentes et son sens des affaires bien développé. Avec une confiance en soi sans limites et un charisme indéniable, le chanteur sénégalais a su, au fil des ans, s'imposer sur la scène africaine et internationale. Un succès mérité qui ne va pas affecter sa lucidité et son sens de la réalité.

Démonstration à Agadir, lors d'une conférence de presse pas très conventionnelle. Habillé simplement en jean et t-shirt noir, il n'a pas hésité à se laisser emporter par la musique en gratifiant l'assistance d'une petite danse tout en buvant son café à la va-vite.

Mettant à l'aise l'assistance, il dévoile rapidement l'être engagé qui se cache derrière cette allure décontractée. C'est un homme qui appréhende la vie, le monde, l'art et sa grande patrie l'Afrique avec beaucoup de sérieux. Pas question de se laisser faire ! C'est un volontaire et il le fait savoir. En plus de sa production musicale qui a charmé le public au niveau international, ses actions «pour changer les choses», comme il les qualifie, sont multiples. Ça va de la création d'associations aux actions sociales en passant par les manœuvres politiques. Ne doit-on pas à Youssou N'Dour le grand concert pour la libération de Nelson Mandela organisé à Dakar, sa ville natale, en 1985?
C'est également lui l'initiateur de plusieurs concerts lancés au profit d'Amnesty International. En 2004, il participe au disque «Agir Réagir» produit en faveur des sinistrés du tremblement de terre d'Al Hoceïma.

N'Dour est un ambassadeur de bonne volonté pour les Nations unies et pour l'Unicef et il prend ses missions à cœur. Il mène en parallèle et d'une main de fer carrière musicale et action humanitaire. Tout est calculé pour cet artiste qui garde toujours les pieds sur terre. Avant d'en arriver là rien ne prédestinait ce fils de griots à cette belle carrière artistique.
Né le 1er octobre 1959 à Dakar au Sénégal, Youssou N'Dour voit le jour dans une famille ordinaire dont le père est ouvrier et la mère est griotte. Sa passion musicale se manifeste très tôt mais ses parents ont envie de voir leur petit grandir et réussir. Pour eux les études étaient le seul moyen pour y arriver. Mais Youssou en pensait autrement. A onze ans déjà il intègre une troupe théâtrale pour y révéler son grand talent de chanteur. La coïncidence fait que le chanteur de la troupe décède pour laisser la voie libre au jeune homme qui ne manquera pas l'occasion pour se lancer enfin.

Afin de «légitimer» cette nouvelle carrière, Youssou rejoint l'Institut des Arts de Dakar. Passant rapidement du théorique au pratique, N'Dour fait ses premières armes dans un orchestre de la capitale. En 1979, il crée avec le chanteur Hadj Faye le nouveau groupe «l'Etoile de Dakar». Le lancement du tube «Xalis» (l'argent), fut un grand succès. Mais après deux ans d'existence, les choses ne vont plus très bien entre les fondateurs du groupe.

C'est à ce moment que naît la «Super étoile». La chance sourit à ce descendant de griots et il caracole sans grande concurrence en tête des hit-parades. Avec sa voix forte et rêveuse à la fois, il chante l'amitié, l'amour, les fêtes religieuses et la vie de tous les jours. Il lance une nouvelle danse «le ventilateur». Le succès est immédiat ! N'Dour semble trouver la bonne combinaison: une belle musique qui marie bien rythmes traditionnels et sonorités modernes et une bonne dynamique créatrice. Le public le lui rend bien et ses tubes «Indépendance», "Wala walo", "Nadakaro" très appréciés le confirment. La «success stroy» ne s'arrête pas là et le chanteur s'avère un homme d'affaires redoutable. Il construit une importante entreprise de production et ouvre un club bien couru à Dakar le «Thiossane». Sa grande renommée internationale, il la doit à l'heureuse rencontre avec Neneh Cherry. Les deux artistes se sont associés pour donner le jour à un tube au succès incontestable. «Seven seconds» était leur façon de dire leur position contre le racisme et pour la tolérance. C'était également le début d'un rayonnement international pour l'étoile de Dakar.

En parallèle avec sa carrière artistique, N'Dour est un virulent défenseur de la cause africaine. «Je prends l'Afrique comme une seule carte», répond-il fermement quand on évoque «les Afriques» occidentale et subsaharienne.
Côté artistique, il déplore la défaillance au niveau de la distribution et de la production. «Le problème en Afrique, c'est qu'il n'y a pas assez de promoteurs capables d'organiser des concerts en bonne et due forme. Cela est lié principalement aux problèmes des taxes et des moyens techniques», analyse-t-il.

D'ailleurs, l'artiste qui a côtoyé les grands noms de la scène internationale, tels Peter Gabriel, Sting ou Tracy Chapman, n'a pas caché son désir de collaborer plus avec ses concitoyens africains. «Le life et les concerts sont nos points forts ! C'est un avantage pour la musique africaine», certifie le chanteur qui n'oublie pas par la même occasion de dénoncer «le verrouillage des frontières» par les pays européens. «Cette attitude affaiblit la créativité et au lieu de travailler et de produire, les artistes passent leur temps à courir les consulats et à accumuler les déceptions!», s'insurge le chanteur qui a toujours œuvrer et avec obstination pour l'émancipation de la musique africaine.


Sur tous les fronts…
On l'a compris, Youssou N'Dour est un homme d'action qui ne tarde pas trop sur la théorie. Pour commencer, il lance le projet «Birrima» pour le micro-crédit. «Ce n'est pas la banque de Youssou N'Dour. C'est une action sociale en faveur de la population africaine qui n'a pas la possibilité de bénéficier des crédits bancaires. Le projet démarre très bien et j'espère qu'il va sillonner l'Afrique», nous explique-t-il. Malgré cette grande implication, le chanteur se défend vivement d'être le seul décideur. «Il y a des professionnels qui s'occupent du bon déroulement de ce projet», lance-t-il.

Concernant l'AMPA (l'Association des musiciens professionnels africains), qui a vu le jour récemment, N'Dour ne cache pas sa déception quant au niveau d'implication des artistes africains. «C'est une action qui vise à protéger les musiciens, leurs droits et à booster leur carrière. Mais si d'ici un an, ils ne bougent pas et s'impliquent davantage, je vais zapper pour me concentrer sur ma propre carrière», coupe-t-il net et sans états d'âme.



2 commentaires pour cet article
  1. Le 2010-06-21 à 14:06:58 par Déthie

    Moi personnellement j aime youssou ndour je l'estime beaucoup c'est un grand sans rival.


  2. Le 2010-08-16 à 18:52:19 par DECUIGNIERES

    Monsieur Youssou N'Dour, vous êtes un grand, mais si vous baissez les bras avec l'association des artistes africains, vous faites le jeu des tourneurs qui abusent des jeunes musiciens qui arrivent en Europe ou ailleurs, assurent 20 ou 30 dates et rentrent au pays sans l'argent qu'il méritait pour leur travail, sans l'argent pour rembourser l'emprunt avant la tournée, sans pouvoir ramener les cadeaux attendus, sans pouvoir rembourser ceux qui ont avancé de l'argent à la famille restée sans le grand frère parti faire de la musique ou danser... Pour eux, pour les jeunes qui montent, il faut les aider à ne pas rêver, à ne pas signer n'importe quoi ? Vous devez intervenir auprès des consulats, ambassades des pays accueillants pour qu'une liste d'artistes soit connue de tous et ainsi les artistes seront payés comme ils le méritent... merci de votre attention


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