Rachida Dati, fille du Maroc devenue ministre de la République

Au Maroc, le fabuleux destin de Rachida Dati ne laisse personne indifférent. Cette fille de maçon marocain née en France, devenue garde des Sceaux du gouvernement Fillon, donne une image d'intégration réussie. C'est la première fois que la République offre un poste de ministre à une fille d'immigré du Maghreb

Rachida Dati, nouvelle garde des Sceaux (Photo AFP).
Un père maçon, originaire de Casablanca, "autoritaire, ponctuel, mélancolique". Une mère algérienne analphabète, "rieuse, ancrée dans la vie", élevant ses douze enfants dans le culte de l’optimisme et de la réussite scolaire, rapporte le Nouvel économiste. "Ma mère était la lumière de ma vie. Quand je l’ai perdue, j’ai pensé avoir été punie" confie Rachida alors qu'elle est déjà porte-parole montante du candidat UMP Nicolas Sarkozy, sous les lumières de la popularité. La dynamique brune s’occupera sans relâche de ses frères et sœurs. "Je les ai installés dans la vie qu’ils ont, ingénieurs, comptables…" dit-elle. Toute sa jeunesse est marquée par une volonté de réussir. Deuxième d'une famille de douze enfants, elle a travaillé dès l'âge de seize ans comme aide-soignante pour financer ses études. A 21 ans, elle écrit, puis rencontre le Garde des Sceaux du gouvernement Chirac, Albin Chalandon, ancien membre du cabinet de Léon Blum, et figure du gaullisme. Il lui mettra le pied à l'étrier en lui trouvant un stage chez ses amis d'Elf Aquitaine, son ancienne entreprise.

Intégration réussie
Le culot paie. C'est le tournant et la voie ouverte à un destin exceptionnel animé par une détermination de fer. Rachida Dati apprend très vite avec ses rencontres, de Simone Veil à Jacques Attali, en passant par Jean-Luc Lagardère et Nicolas Sarkozy. "Dès ses premières apparitions, son look à la Eva Longoria, la bombe latine de la célèbre série américaine Desperate Housewives, son verbe construit, son regard perçant et doux à la fois font un ravage auprès des Français" s'emporte le quotidien marocain Aujourd'hui le matin.
Nicolas Sarkozy prend dans son staff de campagne cette jolie fille d'immigré marocain, née à Chalon-sur-Saône et qui a suivi sa scolarité dans une école catholique. La diplômée (Ecole nationale de la magistrature, maîtrise en droit public, maîtrise en sciences économiques) est un exemple d'intégration réussie, valorise les minorités et incarne déjà une forme d'ouverture de candidat à l'Elysée. Rachida revendique une sensibilité de gauche "déçue" et ne cache pas ses bonnes relations amicales avec des personnalités comme Dominique Strauss-Kahn ou Bernard Kouchner, qu'elle embrasse dans les couloirs de l'assemblée nationale.

Blague ratée
Mais la révélation de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy découvrira aussi les premiers pièges de la vie politique. Lors d'une rencontre entre Bruno Julliard, le jeune leader étudiant, organisée pour le magazine français VSD, Rachida Dati veut faire de l’humour en off, et se prend les pieds dans le tapis, glissant qu’elle pourrait être "la ministre de la rénovation urbaine à coups de Karcher". Mal lui en a pris. Malgré le soutient et les démentis de Julliard, le monde des blogueurs relaye "cette blague au quatrième degré" selon elle, filmée, et relayée dans la blogosphère internet qui ne pardonne rien.
Mais cet avatar médiatique restera un modeste faux pas dans son ascension vers les sommets et la victoire de son candidat hissé maintenant au palais de l'Elysée. Car le président Sarkozy a déjà réservé le poste de garde des Sceaux, ministre de la Justice, à cette "princesse" de la République. Un porte-feuille pourtant dévolu naturellement à Patrick Devedjian, ami de toujours de Sarkozy...
La République a récompensé par un titre suprême le parcours exceptionnel de la souriante beurette ambitieuse, enfant du Maghreb, que rien ne peut stopper. Surtout pas la répartie : "Il faut arrêter de voir dans la population d’origine immigrée que des gens à problèmes ou des Cosette. La réussite par le haut n’est pas une évidence pour nous. Mais la République permet aussi des parcours de réussite. Les concours sont les mêmes pour tous" répond Rachida Dati. Et une telle réussite, pas pour tout le monde.

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