Sarkozy au Maroc: mutisme français sur poursuites dans l'affaire Ben Barka

La délégation accompagnant le président français Nicolas Sarkozy dans sa visite d'Etat au Maroc observait mardi un mutisme total sur les mandats d'arrêt visant cinq Marocains, dont le chef de la gendarmerie, dans le cadre de l'enquête sur l'affaire Ben Barka.

Interrogé par l'AFP, l'entourage du ministre de la Justice Rachida Dati s'est refusé "à tout commentaire" sur cette affaire.


Pour sa part, un proche du roi Mohammed VI fraîchement élu député, a relevé la concomitance entre cette annonce et la visite du chef de l'Etat français.

"Il faut chercher la vérité là où elle se trouve et le roi a déjà affirmé que le famille de Ben Barka avait le droit de savoir, mais il faut choisir le timing et là il y a trop de coïncidences", a affirmé à des journalistes ce parlementaire qui a requis l'anonymat.

Le juge Patrick Ramaël, qui instruit le dossier de la disparition de l'opposant marocain, a signé cinq mandats internationaux visant notamment le puissant chef de la gendarmerie royale, a-t-on appris lundi de source proche du dossier.

Ce nouveau développement a été révélé par France 3 qui a assuré lundi soir que cinq mandats d'arrêt avaient été délivrés visant le général Hosni Benslimane, chef de la gendarmerie royale; Abdelhak (bien Abdelhak) Kadiri, ancien patron de la Direction générale des études et de la documentation (DGED, renseignements militaires); Miloud Tounsi, alias Larbi Chtouki, l'un des membres présumés du commando marocain qui a enlevé l'opposant marocain; Boubker Hassouni, infirmier et agent du Cab 1, une des unités ultra secrète des services marocains; et Abdlelhak Achaachi, également agent du Cab 1.

Toutefois la délivrance des mandats d'arrêts internationaux doit entamer un parcours susceptible de traîner en longueur, tout comme cette affaire qui a débuté il y a 42 ans.

Des sources proches du dossier ont affirmé à l'AFP que les mandats d'arrêt avaient bien été signés par le juge, mais pas délivrés car ils doivent recevoir le feu vert de la Chancellerie, ce qui n'a pas encore été fait.

Le fils de Mehdi Ben Barka disparu en 1965 à Paris, Bechir, s'est félicité mardi de la mise en cause par la justice française de ces cinq Marocains et a espéré que la visite de M. Sarkozy au Maroc ferait avancer le dossier.


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