Tapis amazigh: Le langage symbolique de la femme


La 3-ème édition du Festival de la culture amazighe, organisée, récemment à Fès, a été une occasion propice pour le public de découvrir le langage symbolique de la femme, et ce à travers une exposition inédite du tapis amazigh.

Contrairement au tapis d'Orient stylisé, le tapis amazigh ne se sert d'aucun modèle. Chaque tapis est donc un objet d'art unique au monde. N'ayant pas forcément de symétrie ou de règles bien définies, le tapis amazigh est plein de spontanéité et de créativité. Malgré cette improvisation, un vocabulaire de motifs et symboles fait un lien commun entre tous les tapis. L'extrême importance de la tradition a fait que ces symboles sont passés de mère en fille et de génération en génération.

Selon un document distribué par les organisateurs, les symboles qui font le vocabulaire de la femme amazighe sont pour la plupart des formes géométriques simples (losange, triangle, zigzag, étoile, croix ). A l'origine, toutes ces formes étaient dotées d'une valeur symbolique, chacune représentant une émotion, une superstition, une conception de la vie spirituelle ou quotidienne de la femme. Ce même vocabulaire symbolique est partagé avec les tatouages amazighs, et une femme pourrait tirer inspiration de ses propres tatouages en tissant son tapis. Bien que le sens de ces symboles soit aujourd'hui perdu pour l'homme moderne, il est toutefois présent dans notre subconscient collectif. En exprimant ses pensées, la femme s'inspirait souvent de sa propre vie, des expériences de sa vie conjugale, familiale et quotidienne. D'après certains chercheurs, les motifs du tapis symbolisent les deux sexes, les stades de la vie de la femme et la naissance de ses enfants.

Le losange et d'autres motifs proches de celui-ci symbolisent la féminité et la fécondité, alors que tout motif à ligne brisée ou à flèches représente la masculinité et la puissance physique. Les symboles jouaient également un rôle spirituel et religieux. Dans le tapis aussi bien que dans les autres formes de l'artisanat amazigh, une des plus importantes fonctions du symbolisme était de protéger la maison en écartant le malheur. On y trouve très souvent, la représentation de l'oeil (en forme de triangle ou de losange avec une croix au centre), et la "Khamssa", aussi appelée la "main de Fatima". Non seulement dans la culture amazighe, mais partout au Maghreb et au Moyen-Orient, ces deux formes sont utilisées comme protection contre le mauvais oeil. Pour se protéger contre le mauvais sort et les mauvais esprits, on y retrouve aussi les formes de croix ou d'étoiles à huit branches, celles qui symbolisent le mouvement et le pouvoir de dissiper le malheur dans toutes les directions. En plus de toutes ces croyances et superstitions, les trois courants monothéistes, le judaïsme, le christianisme et l'islam, ont ancré leur marque chez les Imazighen et sur le tapis amazigh.

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