Trois questions à ... : Brahim El Mazned, directeur artistique du Festival «Timitar».

Trois questions à ... : Brahim El Mazned, directeur artistique du Festival «Timitar».

A cinq ans, le festival «Timitar» s’est fait une place sur la carte des festivals nationaux, voire internationaux, et d’aucuns s’accordent à le qualifier de moment fort de la scène artistique marocaine. Qu’en pensez-vous ?

Brahim El Mazned : Effectivement le festival Timitar s’est inscrit depuis sa création en 2004 comme l’un des plus grands festivals du Royaume.
Aujourd’hui il est vrai que beaucoup de médias nationaux et internationaux ont reconnu l’importance de ce festival pour la simple raison que le festival Timitar n’est pas seulement un festival des musiques amazighes mais aussi un des plus grands carrefours des musiques du monde à l’échelle internationale et qui s’est inscrit aussi dans l’agenda des plus grands festivals au monde parce qu’il est resté d’abord et surtout dans cette régularité depuis sa création en 2004 à savoir inviter les plus grands artistes amazighs mais aussi tous ceux qui ont marqué la scène internationale au niveau des musiques du monde. C’est pour ça qu’il s’est imposé comme l’une des plus grandes manifestations artistiques du Maroc, voire en Afrique.

Certes, le plateau est alléchant pour cette cinquième édition, mais certains artistes s’étaient déjà produits à Agadir lors des précédentes éditions de ce festival d’Agadir à l’exemple de l’Algérien Idir et Alpha Blondy pour ne citer que ceux là. Ne risquez-vous pas de tomber dans «le déjà vu» ?


D’abord rien n’empêche le retour d’un artiste sur la scène d’un festival. Cette année particulièrement, et pour la simple raison que le festival célèbre sa cinquième édition, nous avons effectivement invité quelques noms qui ont marqué d’une manière forte leur présence sur les quatre dernières éditions.
On ne les a pas invités parce qu’ils ont leur nom. Il ne faut pas oublier que ces artistes-là sont revenus avec des nouveautés disquaires. Alpha Blondy par exemple vient de sortir un magnifique album qui eu un très grand succès. On peut dire la même chose sur Idir et sur d’autres noms. Cela dit, sur soixante d’artistes très peu sont de retour sauf peut-être quelque trois ou quatre noms. Et ce sont des noms qui sonnent, des noms d’artistes très attendus.
Les artistes que nous avons réinvités représentent en fait une minorité par rapport aux artistes que nous avons invités pour cette édition.
Pour ce qui est des artistes nationaux, effectivement je qu’ils vivent du disque et de la musique et on ne peut pas les priver de la scène du Timitar.

«Timitar» constitue aussi une belle opportunité pour promouvoir l’art et la culture amazighs ainsi que le tourisme dans la ville de l’Inbiaât, ville touristique phare du Maroc.


Effectivement, un festival c’est un projet culturel mais aussi un projet économique. C’est pour cela que sur un festival vivent d’abord et directement les artistes et les techniciens du spectacle, mais la ville en profite également.
Et pendant la période du festival beaucoup d’hôtels sont remplis à plus de 90%, voire à 100%, les restaurants aussi, les taxis travaillent bien, ça crée une dynamique très particulière. En plus il y a une dynamique médiatique que véhicule les différents médias en parlant de la ville et de son festival et ça ne peut être que bénéfique pour la ville d’Agadir, capitale de la région du Souss/Massa/Draâ, et qu’effectivement ce festival est devenu aujourd’hui un rendez-vous qui est attendu par la population de la région… de Tiznit, Ouarzazate, Taroudant, etc. Donc c’est déjà une fête pour le public soussi, et c’est aussi une fête pour les touristes qui viennent de l’extérieur, qu’il s’agisse de nos ressortissants à l’étranger (RME), des touristes nationaux ou étrangers.
Timitar commence déjà à intéresser beaucoup de gens qui travaillent dans le domaine de la musique. Cette année par exemple un certain nombre de personnes nous ont contactés des Etats Unies, de l’Afrique du Sud et bien d’autres pays. Elles ont envie de venir à ce festival du Timitar, se prennent totalement en charge, parce que ce festival les intéresse.
Le festival Timitar permet aussi, à plus ou moins long terme, de faire connaître nos artistes amazighs, parce que ce sont des professionnels, et c’est là une autre dynamique économique pour nos artistes. Nous avons à titre d’exemple «Amarg Vision» qui prendra part à un festival en Belgique. «Imaghran» et d’autres ont été contactés.
Donc ce n’est pas de l’argent jeté par la fenêtre. Au contraire, ce festival Timitar véhicule et crée une dynamique économique extraordinaire, et c’est de l’argent investi dans le domaine de la culture, un domaine porteur et qui crée de la richesse.
Aussi, ce festival d’Agadir est porté par l’élite et par la masse c’est-à-dire par la population, et c’est pour ça qu’il a réussit à fédérer pratiquement toutes les couches sociales, et aujourd’hui il est important que Timitar puisse continuer.



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