Un appel terroriste visant la tour Eiffel a été intercepté au Portugal

Les services de la direction de la surveillance du territoire (DST) cherchent à identifier les auteurs d'un message inquiétant capté, jeudi 10 janvier, par les contrôleurs civils de l'aviation portugaise. Il s'agit d'une conversation interceptée à l'aube sur les ondes courtes faisant état de menaces terroristes sur Paris. Les protagonistes de cet échange, "vague et confus" selon une source policière, évoquaient une attaque contre la tour Eiffel. Très vite, les autorités portugaises ont alerté leurs homologues français qui, depuis, tentent de trouver l'émetteur.

Ce nouveau message n'a pas "affolé" – selon les termes d'un policier – les services du contre-espionnage français. Mais il s'ajoute à d'autres menaces émises ces derniers jours sur les sites Internet djihadistes, qui appellent les "frères à frapper Paris".

Le dispositif de sécurité mis en œuvre dans la capitale depuis plusieurs mois n'a pas été renforcé. "Ce n'était pas utile, puisque nous sommes en Vigipirate rouge depuis plusieurs mois, indique la préfecture de police. C'est le niveau le plus élevé avant l'alerte écarlate qui est mise en œuvre lorsqu'il y a des attentats."

Epargnée par le terrorisme islamiste depuis la vague d'attentats de 1995-1996, la France semble de nouveau être prise pour cible. Sur Internet, les forums islamistes, clandestins ou pas, multiplient les diatribes antifrançaises. Un message, diffusé le 3 janvier en langue arabe, projetait de "mettre un terme à la poursuite des ambitions du président Sarkozy dans les pays du Maghreb" et de provoquer "un effondrement de l'économie française au niveau international".

ENQUÊTE PRÉLIMINAIRE

Le 5 janvier, un centre américain chargé de surveiller les communications du réseau d'Oussama Ben Laden avait repéré sur Internet des menaces "contre Paris et contre son maire Bertrand Delanoë" afin d'entraîner "la chute de Nicolas Sarkozy".

Outre des personnalités et la tour Eiffel, les opérations évoquées viseraient des sites "populaires et à haute valeur économique". Comme souvent lorsque sont proférées de telles menaces, les auteurs parlent des Champs-Elysées, de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle ou encore du quartier d'affaires de la Défense.

Ces appels, lancés pour la plupart sur le site salafiste Al-Ekhlass, par un internaute s'exprimant sous le pseudonyme de Murabit Muwaded, ont amené le parquet de Paris à ouvrir une enquête préliminaire. La préfecture de police et les services de l'Etat ont renforcé la protection de M. Delanoë.

Ces menaces sont prises au sérieux. D'autant qu'elles surviennent après l'exécution, le 24 décembre, par un groupe salafiste lié à Al-Qaida, de quatre touristes français qui circulaient en Mauritanie. Cet attentat, suivi de menaces explicites contre des intérêts français en Afrique du Nord, avait poussé le ministère des affaires étrangères à demander, pour la première fois depuis sa création il y a trente ans, l'annulation du Rallye Paris-Dakar, qui devait emprunter des pistes dans le désert mauritanien.

C'est dans ce contexte que – selon Le Figaro du 11 janvier – des responsables policiers français viennent de se rendre dans plusieurs pays du Maghreb afin de relancer la coopération antiterroriste.

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