Un cosmonaute malaisien veut faire le ramadan dans l'espace

Le cosmonaute et ancien mannequin malaisien Muszaphar Shukor s’apprête à accomplir, le 10 octobre, une première qui fera plaisir à Allah: le ramadan observé depuis l’espace.

Participant à une mission russe à bord du vaisseau spatial Soyouz TMA-11 longue d'une dizaine de jours, Shukor a fait plancher une centaine de théologiens musulmans qui lui ont rédigé, après de nombreux débats, un guide du ramadan dans l’espace.

Chaque année, les musulmans doivent, pendant une période de vingt-huit jours, s’abstenir de manger et boire du lever du soleil à son coucher. Problème: un vaisseau spatial accomplissant le tour de la Terre en une heure et demie, le soleil se lève et se couche à 16 reprises en vingt-quatre heures...

Jean-François Clervoy, astronaute à l’Agence spatiale européenne (ASE) nous a détaillé la vie d’un astronaute à bord d'un vaisseau spatial:

"La notion du temps, nous l’avons grâce à nos montres. Le cycle est réglé comme sur terre, soit sur vingt-quatre heures. Avec trois repas, et huit heures de sommeil dans des sacs de couchage qui empêchent le corps de s’envoler, tout est réglé. C’est le plan de travail décidé à l’avance par l’équipe."

Au sujet de Shukor, l’astronaute français ne s’inquiète pas:

“Il lui suffit de caler ses horaires sur ceux de la ville de son choix. Il y a une mappemonde dans les vaisseaux qui indique les zones éclairées par le soleil et les autres. Shukor peut s’en servir pour savoir si c’est le jour ou la nuit dans sa ville-référence.”

Cette ville devra avoir le même fuseau horaire que celui qui régit le plan de vol -heures de sommeil, de repas et de travail- de l’équipe.

Rue89, inquiet pour la santé de Muszaphar Shukor, a interrogé Diane Beaulieu d’Ivernois, médecin aérospatial qui avertit sur les risques de déshydratation qu’encourt l’ex-top model:

"Je pense qu’il met sa vie en danger. La déshydratation est un risque plus important en milieu aérien. Les astronautes sont soumis à un régime strict de trois collations par jour et à des horaires fixes. Cela dit, tout dépend de la façon dont cela a été organisé par ses médecins."

De son côté, Jean-François Clervoy se veut rassurant:

"Il y a des astronautes qui sortent en scapahandre et qui ne mangent pas pendant douze heures."

Les religieux qui conseillent Muszaphar Shukor se montrent, eux, indulgents: si les produits à bord du vaisseau ne sont pas halal, l’astronaute ne doit toutefois fois pas se priver d’en manger jusqu’à satiété. Pour la prière (cinq fois par jour), les approximations gestuelles liées à l’apesanteur sont tolérées.

Dans le Coran, il est indiqué que le ramadan est facultatif pour ceux qui voyagent, à condition de rattraper les jours non-jeûnés. Muszaphar Shukor est certes le neuvième musulman à s’aventurer dans l’espace mais le premier à avoir une foi si céleste.

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