Un rôtisseur français réussit le plus grand méchoui du monde au Maroc

Un rôtisseur français a réussi le plus grand méchoui du monde en faisant cuire à la broche pendant 15 heures un dromadaire de 550 kg à Safi, une ville balnéaire marocaine à 390 kilomètres au sud de Rabat.

"C'était une tradition tombée en désuétude. Il y a deux siècles après la fantasia, le roi offrait un chameau rôti à la foule. J'ai repris l'idée. Personne n'y croyait au Maroc sauf un jeune restaurateur de Safi qui a tout de suite été enthousiaste", confie Christian Falco, 63 ans originaire de Perpignan (sud-ouest de la France).

La ville marocaine n'en est pas à son premier défi. En juillet 1999, elle avait préparé le plus grand tajine du monde dans un plat qui faisait 6,30 m de diamètre et 4,5 m de hauteur, exposé aujourd'hui sur une place Safi. Deux cents femmes avaient participé à la préparation de boulettes de sardines, une spécialité régionale.

Sur une place, une tente a été dressée et le rôtisseur veille attentivement avec son assistant sur la pièce de viande qu'il asperge régulièrement d'huile pour empêcher la formation d'une croûte.



Il aura fallu trois tonnes de bois et 15 litres d'huile pour réussir la cuisson. Egorgé jeudi, embroché vendredi soir, mis en cuisson samedi à l'aube, le dromadaire qui pesait vif 550 kg a donné un méchoui de 380 kg, le tout sous le regard attentif d'un notaire car le but est de tenter de faire homologuer cette tentative dans le livre des records Guinness.

Ce rôtisseur à la barbe poivre et sel, vêtu d'une blouse et la silhouette rehaussée d'une toque de la même couleur, a déjà d'autres exploits à son actif. Cité six fois dans le livre Guinness, il est actuellement détenteur de quatre records du monde: la cuisson à la broche d'un boeuf de 985,5 kg en 1996, et de trois plats cuisinés... les blanquettes de veau, les paupiettes et des boulettes de picolat catalan.

Pourtant, cela n'avait pas bien commencé. En 1973, la première fois qu'il avait tenté de rôtir un boeuf de 500 kg, la bête n'était pas cuite. "En toute honnêteté, il a fallu cinq boeufs avant de réussir", avoue-t-il mais depuis "j'ai doré 500 boeufs dans le monde entier".

"J'ai vécu une très belle fête ici où j'ai été accueilli comme un pacha. Je pars après au Costa Roca pour tenter de battre un record avec un bison à la broche", explique-t-il. Car pour ce membre de la Chaîne des rôtisseurs, il y a deux règles auxquelles il ne faut jamais déroger: la broche et le feu de bois.

Pour l'organisateur marocain, la fête a coûté 110.000 dirhams (10.000 euros). "J'effectuais un pèlerinage à la Mecque, quand un ami commun m'a demandé si j'étais prêt à organiser un tel événement. J'ai tout de suite accepté car notre ville a besoin de promotion", assure Mehdi Slawi, 27 ans.

Samedi soir, 500 convives ayant acquitté 150 dirhams (11 euros) sont venus déguster le dromadaire. "C'est un événement merveilleux, car après la sardine et maintenant le dromadaire, Safi est devenue la ville des records", assure pour sa part Zahia Hosni du Centre régional du Tourisme de la ville.



Comptoir phénicien, cité romaine avant de devenir une place forte portugaise au 15e siècle, la ville vit aujourd'hui de son port d'où sont exportées des phosphates. L'artisanat de la poterie est aussi l'une des activités importantes de Safi. Tombée dans l'oubli face à Marrakech et Casablanca, la cité qui compte 400.000 habitants, tente aujourd'hui sa chance dans le tourisme.


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