Ville de tous les contrastes : A qui profite la gestion déléguée de la RATAG ?

Ville de tous les contrastes : A qui profite la gestion déléguée de la RATAG ? Depuis déjà des lustres, le transport urbain à Agadir et environs évolue dans un environnement lamentable. Son état critique se dégrade, de jour en jour, au moment où les projets structurants se concrétisent sensiblement dans plusieurs secteurs de la cité, en particulier l'aménagement de la corniche, de l'espace vert, de la voirie, le revêtement des pavés…

La crise de ce service vital empire et devient, au fil des années, un phénomène de pathologie chronique. Les dettes s'accumulent affreusement et atteignent plus de 15 milliards de centimes.
Les subventions annuelles des communes locales du grand Agadir dont les populations respectives ont fortement besoin ne résolvent point cette problématique pesante, tel un coup d'épée dans l'eau.
Les administrations passent et la Régie trépasse, sous le fardeau de la dette, de la vétusté et de la misère. Le parc automobile se décime en passant de 150 à 50 engins aujourd'hui, en plein délabrement. Les recettes journalières sont également réduites de 25 millions de centimes à 8 millions actuellement, alors que le coût du ticket était de 1,20 DH et se vend aujourd'hui à 3,50 DH..
Dans une ville résolument tournée vers le tourisme, le transport urbain constitue véritablement un point noir, de par la détérioration des bus désagréables et polluants, le pompage des contribuables sans issues salutaires, les défaillances esthétiques et prestataires et les déficiences au plan des gestions directionnelles et budgétaires. Inutile de dire que ce sont les citoyens qui souffrent énormément de cette entorse alarmante par ces médiocrités, ces insuffisances et ces calvaires quotidiens.

Multiples candidats à la gestion déléguée


Devant cette dégradation constante et déplorable, on mit beaucoup de temps à y remédier, alors que, dans certaines villes du royaume, on a sitôt opté pour la gestion déléguée des régies correspondantes dans l'équité et la transparence. Cette alternative a été finalement reprise à Agadir, ces derniers temps. A ce propos, on se précipita à contraindre les communes concernées (Agadir, Inezgane, Dcheira, Ait Melloul) à signer une convention avec l'ancien Premier ministre et la direction générale des collectivités locales du ministère de l'Intérieur. Avant de procéder donc au lancement de cette opération, les communes sus-mentionnées se doivent de liquider les dettes de la RATAG. C'est ainsi que cinq sociétés retenues sont en course pour cet octroi juteux dont la wilaya s'est adjugé le monopole de la gestion, à travers l'approbation de certaines communes locales (Zergdi Keolis de France, Group Avanza ITM d'Espagne, Empresa Ruis S.A d'Espagne, Veolia de France et Alsa d'Espagne). Des rumeurs insistantes avancent que la première compagnie précitée remporterait la cerise du gâteau pour des raisons familiales liant son gérant au responsable de l'opération de gestion.
L'heureuse lauréate profiterait «gratuitement» de tous les biens de la régie, en particulier le dépôt de Tassila de 3 hectares, de l'aire où sont installés la direction et le dépôt des engins au quartier industriel de 4500 m2 et deux villas au quartier Taddart, en plus des bus qui, probablement feraient office de pièces de rechange.
Une belle aubaine pour ce nouveau venu qui éviterait les dettes s'élevant à plus de 15 millions de dirhams, s'accaparerait un patrimoine alléchant qui, à lui seul, constitue une fortune avec cette flambée vertigineuse du foncier à Agadir et bénéficierait de tout l'itinéraire spatial sans rival. A qui profite alors cette gestion déléguée où les communes ne sont pas impliquées dans la gestion de l'opération de l'adjudication, puisque leur rôle se limite à s'acquitter des dettes accumulées de la régie ?

Une braderie en vue


Pourquoi alors cette sommation en cavalier seul de l'Autorité pour un service lié directement aux préoccupations des populations dont les représentants sont ligotés par leurs propres décisions précipitées et malicieusement imposées? Quel est l'apport effectif de la société bénéficiaire devant tous ces avantages dont elle jouirait.
Il y a donc anguille sous roche dans tout cela si l'on sait que ces décisions communales ont été dictées aux béniouiouis de l'extérieur d'une manière expéditive et sournoise. Certes, la ville a grand besoin d'une solution idoine au problème épineux du transport en commun. La gestion déléguée semble être l'issue idéale pour cette impasse de la RATAG engouffrée dans l'effilochement progressif. Mais, pas au point de bousculer cruellement les caisses communales et offrir sur un plat d'or un service « confortable ». Il est inadmissible qu'on cède une prestation qui touche de larges couches populaires aux modestes revenus, avec cette légèreté suspecte. Quel sera pareillement le sort des employés de la RATAG devant cette nouvelle «supercherie» ? Le transport scolaire, trouvera-t-il une place dans le prochain planning des nouveaux gestionnaires? Le grand Agadir avec ses communes qui ont mis de leur budget pour éponger les dettes, sera-t-il intégralement desservi à travers la création des lignes suffisantes jusqu'aux points les plus reculés pour des citoyens sans accès ? Tant de questions qui devraient être soigneusement soulevées avant la cession.
Est- ce le cas dans cette opération unilatérale ? Rien de plus rassurant dans cette affaire peu fiable.



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